Stein van Oosteren : Comment le vélo peut transformer la France ?

Le vélo n'est pas qu'un mode de transport écolo, c'est un levier de liberté et de santé publique capable de remodeler notre vivre-ensemble. En passant d'une culture de la voiture à un véritable « système vélo », la France pourrait non seulement réduire massivement ses émissions de gaz à effet de serre, mais aussi redonner une autonomie précieuse aux enfants et apaiser nos villes. Stein van Oosteren prouve que la transition vers une société cyclable est avant tout une question de volonté politique et de changement de regard sur notre espace public.

Stein van Oosteren, le hollandais qui veut faire de la France le nouveau paradis du vélo

Franco-néerlandais installé en région parisienne, Stein van Oosteren est devenu une figure incontournable de la promotion du vélo en France. Fort de sa double culture, il a d'abord agi sur le terrain en tant que porte-parole du collectif Vélo Île-de-France et fondateur de l'association locale « Phare à vélo » à Fontenay-aux-Roses. Son expertise s'est forgée dans l'action concrète, notamment à travers l'inventaire des points noirs de la Coulée Verte et un lobbying actif auprès des élus pour exiger des infrastructures dignes de ce nom. Auteur du livre à succès Pourquoi pas le vélo ?, il parcourt aujourd'hui le pays pour expliquer que le succès néerlandais n'est pas un miracle géographique, mais le résultat de choix d'aménagement audacieux.

Les trois piliers pour basculer vers une société apaisée

Redonner le guidon de leur vie aux enfants

Le constat est frappant : là où trois enfants néerlandais sur quatre vont à l'école à vélo en toute autonomie, la même proportion d'enfants français y est déposée en voiture, tel un « petit colis » sur la banquette arrière. Cette dépendance nuit à leur santé physique et atrophie leur capacité de décision. En créant un réseau cyclable sécurisé, on permet aux plus jeunes de pratiquer 60 minutes d'activité quotidienne et de devenir des citoyens autonomes et entreprenants dès le plus jeune âge.

Transformer nos rues en lieux de vie plutôt qu'en zones de transit

L'innovation la plus simple pour changer nos villes consiste à modifier le plan de circulation en coupant le transit inutile des voitures. L'objectif n'est pas de bannir l'automobile, mais de libérer l'espace central des quartiers pour en faire des lieux de rencontre, de silence et de commerce. Une ville à 30 km/h, où le vélo est plus rapide que la voiture, est une ville où l'on s'entend enfin parler et où la cohésion sociale se reconstruit naturellement par le contact visuel entre les habitants.

En finir avec la « ferrougite » et la peur de la route

Pour Stein van Oosteren, le premier frein au vélo est psychologique et lié à la sécurité subjective. Il dénonce la « ferrougite », ce comportement absurde où un automobiliste double dangereusement un cycliste pour se retrouver coincé au feu rouge quelques mètres plus loin. Pour que les Français lâchent le volant, il ne suffit pas de peindre des bandes au sol : il faut une séparation physique, comme des pots de fleurs ou des bordures en granit, pour que chacun se sente réellement protégé face au trafic motorisé.

Comprendre les enjeux de la mobilité de demain

Pourquoi dit-on que le vélo est une solution économique majeure ?

Le coût d'usage d'une voiture s'élève en moyenne à 6 000 euros par an, tandis que le vélo est quasiment gratuit et accessible aux 40 % de la population qui ne peuvent pas ou n'ont pas le droit de conduire. À plus grande échelle, la France dépense environ 7 milliards d'euros par an uniquement pour l'achat de cars scolaires, un besoin artificiel créé par l'insécurité des routes. Investir cet argent une fois pour toutes dans un réseau cyclable permettrait de réaliser des économies colossales tout en améliorant la santé publique.

Quel est l'impact réel du vélo sur l'environnement ?

L'effet est massif : si la population mondiale adoptait les habitudes de déplacement des Néerlandais (environ 2,3 km par jour), nous éviterions l'équivalent des émissions de gaz à effet de serre du Canada.

Le vélo est l'outil le plus efficace pour décarboner nos trajets quotidiens sans attendre une révolution technologique coûteuse.

Comment surmonter le manque d'infrastructures près de chez soi ?

Stein van Oosteren encourage vivement les citoyens à s'organiser en collectifs pour interpeller leurs élus. Les responsables politiques ne prennent souvent les cyclistes au sérieux que lorsqu'ils deviennent visibles et organisés. Chacun peut aussi participer à sa manière en partageant ses expériences sur les réseaux sociaux pour montrer qu'un autre monde est possible et désirable.

Pour aller plus loin dans cette réflexion et découvrir les 185 raisons de passer au vélo, je vous conseille le livre de Stein van Oosteren, « Pourquoi pas le vélo ? », aux éditions Écosociété.

Transcription intégrale : Stein van Oosteren et le système vélo

Ce texte est une transcription du podcast Soif de Sens générée automatiquement par un logiciel. Des erreurs peuvent s'être glissées dans le texte. Il est notamment fréquent que la fin d'une phrase soit coupée et apparaisse au début de l'intervention suivante.

Introduction et "Questions Mitraillettes" : Définitions et enjeux clés

Pierre Chevelle:

Comment la France pourrait devenir un paradis du vélo en quelques années ? Bienvenue dans Soif de Sens, l'émission podcast et YouTube qui t'aide à construire une vie et une société pleine de sens. Chaque semaine, je reçois un humain inspirant pour t'aider à incarner le changement. Aujourd'hui, on accueille Stein Van Oosteren, franco néerlandais, alias Monsieur Vélo, pour parler d'une France cyclable, inclusive et apaisée, de ferrougite et de collectifs citoyens qui se bouchent pour faire avancer la transition écologique. Bonjour Stein ! Bonjour Pierre ! Je te présente en dix secondes, tu es franco néerlandais, ce qui a sûrement dû t'aider, à tort ou à raison, pour devenir une référence sur la place du vélo dans notre société. Tu as été porte-parole du collectif Vélo Île-de-France, par exemple, et surtout, tu écris Pourquoi pas le vélo ? où tu montres comment la France pourrait devenir vraiment cyclable si on le décidait vraiment. Et surtout, le vélo, c'est juste un prétexte pour changer la société bien plus grandement. Avant de discuter, je te propose une série de questions mitraillettes auxquelles tu dois essayer de répondre le plus vite possible. Est-ce que tu es prêt, Stine ? Je suis prêt.

 

Pierre Chevelle:

Allez, go ! Tu as vraiment écrit ce livre pour répondre à un député anti-vélo que.

 

Stein Van Oosteren:

Tu n'avais pas su remettre à sa place ? Oui, tout à fait ! Et j'assume ! Ça vient du cœur.

La ferrougite : une maladie automobile

C'est quoi la ferrougite ? La ferrougite, c'est quand un automobiliste te double à vélo pour te retrouver tout de suite après au ferrougite. Voilà, c'est-à-dire, c'est un acte qui n'a pas de sens, sauf à vouloir rouler et doubler. Et voilà, c'est une maladie, c'est très désagréable.

 

Pierre Chevelle:

Pour tout le monde et ça vaut bien une situation. Parce que du coup, il fait une queue de poisson, quoi. Mais oui, je connais bien.

Sécurité subjective vs objective : l'importance du sentiment de protection

C'est vrai que 91% des gens se sentent plus en sécurité dès qu'on met des Pots de fleurs entre la piste cyclable et la route. ?

 

Stein Van Oosteren:

C'est... Oui, alors là, c'est un chiffre très intéressant que tu mentionnes.

 

Pierre Chevelle:

Qui est vraiment capital. Ça vient du.

 

Stein Van Oosteren:

Berlin Street Check. En fait, là, ce que tu dis, c'est une donnée vraiment capitale. C'est qu'à Berlin, ils se sont posé la question, pour rendre la ville cyclable, il faut demander à l'usager pourquoi vous faites du vélo, pourquoi vous n'en faites pas. Il faut comprendre pourquoi les gens déjà ne se mettent pas sur un vélo. Et donc, ils ont montré la même rue, mais en plusieurs versions. Une version où il n'y avait aucune... protection pour le vélo. Et là, les gens ne se sentent pas du.

 

Pierre Chevelle:

Tout à l'aise. Il y a 10, 20 %... Oui, c'est pas parce que.

 

Stein Van Oosteren:

Tu crées des pistes cyclables que tu es en sécurité, quoi. Voilà, exactement. Et c'est quand, dès que tu mets des pots de fleurs ou en fait une séparation physique entre le vélo et la voiture, que des gens osent se mettre sur un vélo. Et c'est ça qui crée en fait la société cyclable. Ce n'est pas la sécurité objective, Parce que même sur une bande cyclable, vous êtes objectivement en sécurité. Mais ce qui compte, c'est la sécurité subjective, c'est-à-dire le fait de se sentir en sécurité. Et c'est ça qui est important.

 

Pierre Chevelle:

Qu'Il faut toujours se mettre dans le subjectif de la personne. Qui est le.

 

Stein Van Oosteren:

Plus dangereux, un automobiliste pressé ou un Hollandais déterminé à démocratiser le vélo en France ? J'adore la question. Je dirais que.

 

Pierre Chevelle:

Je suis le plus dangereux pour l'industrie du pétrole et de l'automobile. C'est quoi le moment où tu t'es senti le plus hollandais en France ? Est-ce que c'est quand on te dit, par exemple.

 

Stein Van Oosteren:

Tu veux que je te ramène alors que tu es à vélo Oui, ? en fait, quand on est né quelque part ailleurs, ce qui est mon cas, on se sentira étranger toute sa vie. Parce qu'en fait, c'est pendant les premières vingt années de sa vie qu'on est programmé et à partir de là, on reste toujours étranger. Et effectivement, quand on me demande ça après une soirée, quand les gens « normaux » sont en voiture et moi à vélo et qu'ils sont capables de me dire ça, tiens, tu veux pas que je te ramène ? Genre, ton mode de transport n'est pas très sérieux. Ça me fait toujours rire et ça me prend presque toute une conférence d'expliquer que c'est très drôle. Mais effectivement, je me sens très très hollandais à ce moment-là, même si c'est en train de changer complètement parce qu'on est en train.

 

Pierre Chevelle:

De basculer dans une culture beaucoup plus inclusive, beaucoup plus apaisée, beaucoup plus agréable.

 

Stein Van Oosteren:

Beaucoup plus cyclable.

Panorama des avantages du vélo : Santé, Portefeuille et Climat

C'est quoi justement la liste rapide des avantages du vélo pour faire un panorama très rapide ? Alors il y a 185 raisons de faire du vélo, je les ai listées à la fin de mon livre, et donc il faut les lire parce que c'est Carfree, que je remercie beaucoup, qui a publié ce papier, et c'est mon éditeur Eco-Société qui avait proposé ça. d'annexer ça et ça a eu beaucoup de succès parce que beaucoup de gens en parlent. J'en ai même tiré le livre « 50 bonnes raisons de faire du vélo » que j'ai fait avec Claude ensuite. Mais voilà, un gros tableau, c'est déjà très bon pour la santé, tout simplement. Nous sommes nés pour bouger. Notre corps, dès qu'on sort de la maman, on bouge. C'est normal, c'est bon.

 

Stein Van Oosteren:

Et le vélo, il se trouve que C'est un peu comme des chaussures, mais avec deux roues et qui nous font bouger. Donc, c'est bon pour la santé. C'est bon aussi pour notre portefeuille. La voiture, ça coûte en moyenne quand même 6000 euros par an. Si tu comptes aussi les carburants, les frais de préparation, etc. C'est énorme. C'est aussi un gain de temps énorme. J'attends jamais le bus.

 

Stein Van Oosteren:

J'attends jamais dans les bouchons. Voilà. En fait, mon trajet.

 

Pierre Chevelle:

C'Est presque une un trajet où je double un bouchon de la maison jusqu'à Paris, c'est aussi un accès lent. Evidemment, là, pardon, on parle surtout pour les gens qui habitent.

 

Stein Van Oosteren:

Dans des grandes villes où forcément, plus on habite à la campagne, forcément, plus le voiture peut avoir du sens. Oui, mais je ne dis pas que la voiture n'a pas de sens. C'est un gros malentendu. L'idée, ce n'est pas du tout d'aller contre la voiture, de mettre tout le monde sur un vélo tout le temps pour chaque trajet, mais c'est de donner au vélo sa sphère de pertinence, parce que la voiture, elle est pertinente. On ne peut pas transporter des armoires sur un vélo. Et encore, on peut sur un vélo, mais pour certains cas, La voiture, c'est pertinent, sauf qu'aujourd'hui on a considéré que cette pertinence applique à tout. On fait tout avec la voiture et donc avec le vélo on peut faire... On peut donner un accès à l'emploi aux gens, notamment qui ne possèdent pas de voiture.

 

Stein Van Oosteren:

Il y a un tiers des Français et des Françaises aujourd'hui n'ont pas le droit de conduire. Il y a des personnes qui n'ont pas de... ou qui n'ont même pas 18 ans, par exemple. Il y a aussi des gens qui sont pauvres. Après, on arrive à 40% de la population qui ne peut pas conduire. Le vélo leur donne un mode de transport qui est accessible. Et puis, n'oublions pas que c'est bon pour le climat. Le vélo, c'est accessoirement, c'est en plus un truc qui enlève beaucoup d'émissions.

 

Stein Van Oosteren:

Si tout le monde pédalait autant que les Néerlandais, c'est-à-dire environ 2,3 kilomètres par jour à peu près, on éviterait l'équivalent des émissions du Canada. C'est absolument gigantesque, dont on ne se rend pas compte. Et moi, j'ai grandi.

 

Pierre Chevelle:

À la campagne, entre les fermes de cochons, où tout le monde se déplace.

 

Stein Van Oosteren:

En voiture, mais aussi à vélo. Il restait d'autres avantages auxquels tu pensais ou c'était fini la liste ? Ah non, non, la liste n'est pas finie. C'est donc... en termes de gain de temps. Après, il y en a beaucoup qui sont même plus profonds.

Le vélo comme créateur de lien social et de bien-être

On crée une cohésion dans la société parce que le fait d'être sur un vélo et donc pas dans un cockpit, pas dans un habitacle, ça vous met en contact avec l'autre. Ça crée la disposition à au tiers et à la différence. Et c'est ça qui crée un aspect extrêmement agréable dans la société.

 

Stein Van Oosteren:

On peut aussi comparer au fait que les gens aiment naturellement être.

 

Pierre Chevelle:

Dans des zones piétonnes. Pourquoi ? Parce qu'on.

 

Stein Van Oosteren:

Voit des gens, on voit un espace apaisé. Et le vélo apporte tout ça. Je suis comme des bois qui se croisent. C'est ça. Et on crée du lien aussi entre les gens et c'est spontanément, ça fait du bien. Et puis, dans le film « Why We Cycle » de Christian Ulster, un Irlandais, qui a fait un très joli film là-dessus, on voit à un moment donné un petit garçon qui est en train de siffler sur son vélo et il est en train de se réaliser sur le vélo. C'est le vélo qui lui permet d'être en parfaite harmonie avec soi-même pour produire une petite chanson comme ça. Et le vélo apporte aussi tout ça, parce que quand tu es en voiture, on pilote un grand manchin qui est très dangereux, qui coûte très cher, il faut faire très attention.

 

Stein Van Oosteren:

Ça crée une sorte de stress qu'on n'a pas quand on est à vélo dans un environnement adapté. Parce qu'en France, c'est encore stressant aussi parce que le système vélo n'est pas encore.

 

Pierre Chevelle:

Complètement en place. Mais on est en train de le faire et ça libère.

 

Stein Van Oosteren:

L'Humain en fait. Ça valorise vraiment l'humain dans l'espace public. Ce serait quoi le truc le plus simple qui pourrait transformer nos rues demain ? C'est de changer le plan de circulation de nos villes. Ça a l'air un peu technique comme explication. Aujourd'hui, les villes en France sont encore des rues de transit pour les voitures. On part du principe qu'en voiture, on doit pouvoir traverser toute ville, n'importe où et n'importe comment. Alors qu'aux Pays-Bas, déjà dans les années 70, ils ont commencé à couper ces transits. Ça ne veut pas dire couper la possibilité de rouler en voiture en ville.

 

Stein Van Oosteren:

Non, l'idée n'est pas de dire non à la voiture, mais de dire non au transit inutile de nos villes pour les rendre un ambiance plus lieu de vie. Et dès que tu coupes ce transit, alors l'espace au milieu permet de faire émerger la vie. et un peu de paix, un peu de sécurité, ce qui permet aux habitants et aux habitantes de se mettre à vélo, mais aussi de marcher, et il ne faut pas l'oublier, de s'entendre parler. Parce que qui dit beaucoup de voitures, dit beaucoup de bruit aussi, et même des voitures électriques, parce qu'au-delà de 30 km heure, ce n'est pas le moteur que vous entendez, mais c'est les pneus. Donc déjà, il faut couper ce transit et aussi la vitesse. Une ville à 50, ça n'a aucun sens. Olivier Rasmon avait dit que c'est un journaliste qui a écrit un très beau livre sur le vélo, le pouvoir de la pédale, et qui a dit rouler 50 km heure dans une ville, ça n'a aucun sens, sauf pour impressionner les autres ou pour se donner raison d'avoir acheté une voiture. Mais la vitesse moyenne d'un vélo en ville est plus élevée que la vitesse moyenne en voiture.

 

Stein Van Oosteren:

Il est de 15 km heure parce qu'il passe partout. Pour la voiture, ça baisse à 14 km.

 

Pierre Chevelle:

Heure en moyenne parce qu'il y a des bouchons partout. Parce qu'une voiture, c'est.

 

Stein Van Oosteren:

Comme un éléphant. C'est comme un manteau qui est trop gros. Est-ce qu'il y a une victoire récente sur le vélo que tu aurais envie de nous partager ? Je dirais que, par exemple, une victoire de l'imaginaire, c'est le SAM, c'est le Système Alternatif de Mobilité. Le SAM, c'est un concept pour une société sans voiture individuelle qui a été lancé tout récemment, qui est en ligne, qui est parfaitement expliqué et qui permet aux trois alternatives à la voiture individuelle, le vélo, la marche et les transports en commun, de remplacer la voiture individuelle. Je ne développe pas plus, mais c'est une idée.

 

Pierre Chevelle:

Fantastique qui m'a donné beaucoup d'espoir. Et je pense que le ministre des Transports du futur gouvernement doit absolument s'en emparer parce que c'est extrêmement inspirant. OK. Le vélo a quand même bien progressé en France. Tu trouves.

 

Stein Van Oosteren:

Qu'À la louche, on est à quel pourcentage d'avancée vers la France cyclable dont toi tu rêves ? Est-ce qu'on est plus à 30 % ou 70 % ? On a passé un seuil critique Dans les villes, comme Paris par exemple, mais il y a Rennes, Grenoble, ils étaient déjà à ce moment-là, ils ont commencé un peu plus tôt. Pour mettre un chiffre dessus, oui, c'est un peu aléatoire. Comme on a passé le sac critique, on a déjà dépassé les 60%. À la campagne, c'est plus difficile parce que la densité est moindre, donc il y a moins d'humains.

 

Pierre Chevelle:

Par kilomètre carré, et donc ça prend un peu plus de temps pour voir beaucoup de cyclistes. Mais même à la campagne, on le verra, le vélo a sa pertinence. Super, bravo, tu as survécu aux questions mitraillettes.

Parcours de l'invité : De la Coulée Verte à l'engagement citoyen

Pour commencer, tu as une double culture, on a dit hollandaise, le paradis du vélo, et française, plutôt le pays de la voiture. En 2006, tu t'installes en banlieue parisienne pour aller bosser à vélo par la coulée verte. À quel moment tu réalises.

 

Stein Van Oosteren:

Que cet axe saturé résume un peu tout le problème d'aménagement du territoire pour les vélos et tu te dis, OK, en fait, non, j'ai envie de participer à changer les choses ? Ce que je voulais faire à ce moment-là, c'était agir. Je n'avais pas tout de suite la vue d'ensemble que j'ai aujourd'hui. Ça ne se passe pas comme ça. On commence toujours par un petit bout et on commence à tirer la pelote. C'est un peu ça. Et pour moi, c'était... Déjà, j'habite à Fontenay-Rose parce qu'avec ma femme, on voulait quitter.

 

Pierre Chevelle:

Paris parce qu'on trouvait ça un peu.

 

Stein Van Oosteren:

Trop dense. et parce que Fontenay-Rose était la seule ville à connecter à Paris par un itinéraire cyclable sécurisé qui s'appelle la Coulée Verte. C'est comme ça que vous avez choisi la ville ? Oui, comme un Hollandais, j'ai choisi mon domicile en fonction du vélo parce que pour moi, il était hors de question d'habiter quelque part où je serais condamné à utiliser la voiture ou même les transports en commun qui sont problématiques aussi souvent, qui prennent du temps, même si je suis un fan absolu du transport en commun que j'utilise beaucoup. Et donc, c'était à Fontenay-Rose qu'on s'était installé. Et donc, j'ai commencé à utiliser la coulée verte en banlieue. Et en fait, je me suis aperçu qu'il y a plein de problèmes, les traversées dysfonctionnaient. Même sur cette itinéraire qui avait le mérite d'exister, il y avait beaucoup de problèmes dessus. Et donc, j'ai commencé à regarder sur les réseaux sociaux et j'ai découvert que beaucoup de gens s'en plaignaient.

 

Stein Van Oosteren:

Et donc j'ai commencé à donner rendez-vous aux autres plaignants que je voyais se plaindre sur le réseau. Et.

 

Pierre Chevelle:

Je crois en décembre 2017, J'ai.

 

Stein Van Oosteren:

Co-Organisé l'inventaire Coulée Verte. Et donc, on s'était donné une samedi, il y avait la presse, il y avait deux chaînes de télé qui étaient là. Ah oui, t'as toujours été fort. Ah oui, on avait mis vraiment le paquet pour, avec toute une équipe, c'était je crois le 17 décembre, il faisait froid. On est parti toute une journée pour faire un inventaire de tout ce qui n'allait pas sur cet itinéraire. On a documenté et mappé tous les points noirs et pour ensuite les remettre à la liste aux autorités pour qu'ils s'en occupent. Et ça, ça a été pris en compte. Par exemple, aujourd'hui, pendant que je vous parle, il y avait le Il y a la Porte de Vente qui était le point noir absolu de la Coulée Verte.

 

Stein Van Oosteren:

C'était un endroit très problématique. où ils ont créé enfin une piste cyclable, séparée des voitures où les voitures doivent faire attention avant de tourner à droite. Et ça a mis beaucoup d'années. Mais là, c'est une preuve.

 

Pierre Chevelle:

Que.

 

Stein Van Oosteren:

Je vois.

 

Pierre Chevelle:

Tous les jours que quand on insiste, quand on maintient, on finit par obtenir une cause. Mais il faut être là, il faut être organisé, il faut être présent. Génial. Trop bien.

L'autonomie des enfants : Le vélo comme outil d'éducation et de liberté

Une stat que tu cites beaucoup, c'est celle-ci. Aux Pays-Bas, trois enfants sur quatre vont seuls à l'école à vélo. En France, c'est l'inverse. Trois sur quatre vont à l'école, mais en voiture.

 

Pierre Chevelle:

Et apparemment, c'est une exception mondiale. J'ai regardé, même aux États-Unis, ils vont moins que.

 

Stein Van Oosteren:

Nous à l'école en voiture. Ils prennent plus le bus. Tu dis, nous, on transporte nos enfants comme de petits légumes sur la banquette arrière. Pourquoi c'est tant un problème que ça ? C'est un problème en termes de solidarité. D'ailleurs, cette... Cette phrase m'a été beaucoup reprochée parce que certains trouvent ça un peu trop dénigrant vis-à-vis des personnes en situation de handicap qu'on pourrait appeler comme ça. Donc ça, je regrette. On peut remplacer ça comme des petits colis, en fait.

 

Stein Van Oosteren:

C'est problématique au plus haut point parce que les enfants sont déjà trop sédentarisés par l'écran. On ne les invite plus à sortir. Aujourd'hui, en fait, ils sont dans la maison sur leurs écrans alors que, comme je l'ai dit, leurs corps sont faits pour bouger. Un enfant a besoin de 60 minutes d'activité physique modérée tous les jours. Et donc, il faut injecter à tout prix ça dans leur vie. Et le vélo et la marche, les chaussures, sont deux moyens puissants pour leur donner cette nourriture, en quelque sorte, d'activité physique dont ils ont besoin tous les jours. Donc, c'est pourquoi ça grève leur santé, ça abîme leur santé. Sauf que ça ne va pas se voir tout de suite.

 

Stein Van Oosteren:

Ça va se voir avec de l'obésité, avec déjà un dynamisme moindre. On va anticiper leur crise cardiaque à cause de ça. Là, il y a les spécialistes qui ont mentionné tout ça. Et puis c'est aussi des occasions, et ça se voit encore moins, de développer leur autonomie mentale. Un enfant qui se met sur un vélo, va apprendre immédiatement que c'est lui qui prend la décision, s'il va à gauche ou à droite, quel chemin qu'il va prendre. Alors qu'un enfant qui monte dans un bus ou sur la banquette arrière de la voiture parentale, en fait, il va tout de suite se mettre en pose suiveur. Il va dans sa tête devenir un suiveur. Bon, papa ou chauffeur va m'enlever.

 

Stein Van Oosteren:

Et c'est une différence monumentale entre deux types de sociétés, avec des gens qui sont des suiveurs et qui ne réfléchissent pas, et des enfants qui deviennent autonomes, qui deviennent des entrepreneurs, des pionniers, des inventeurs. C'est vraiment ça. C'est fondamental. Il faut absolument donner l'occasion aux enfants de développer ça. Et en plus, les enfants aiment ça. Les enfants aiment l'aventure, aiment ce qui est beaucoup moins susceptible en termes de météo par exemple. Pour un enfant, ce n'est pas si grave qu'il pleut. C'est quelque chose qu'on a développé comme ça.

 

Stein Van Oosteren:

Mais nous, on sort tout de suite le parapluie alors qu'un enfant, il n'y.

 

Pierre Chevelle:

A pas de problème. Ils sont beaucoup, ils sont très résistants. En Finlande, ils font même l'école dehors pour cette raison, pour justement renforcer ce côté de lien entre l'enfant et la nature. Bah à Lyon, là, nous, notre petite, elle va rentrer à la maternelle l'année prochaine. Il y a plusieurs écoles qui font une demi-journée d'école dehors. Mais ouais, c'est effectivement ce que tu dis, c'est une perte d'autonomie. Après, forcément, des fois, on n'a pas le choix, ça nous habite trop loin ou quoi. Mais de prendre, d'aller à l'école à vélo, ou de manière générale, de prendre le vélo plutôt que la voiture, tu dis, ouais, un enfant qui prend le guidon de son vélo, il prend le guidon de sa vie.

 

Pierre Chevelle:

Parce que... Yes. Sinon, tu apprends que les autres, ils décident où tu vas. Et j'aime bien l'idée aussi que tu dis qu'une société construite autour du vélo, Ce n'est pas juste une question, ce n'est pas juste plus de vélo. C'est la possibilité pour tous de se déplacer de façon autonome, sécurisée, surtout pour les enfants et les personnes en situation de vulnérabilité. Et si on ne le fait pas, en fait, ça crée un peu un cercle vicieux, ou en tout cas, si ce n'est pas aménagé pour, parce qu'en tant que parents, on.

 

Stein Van Oosteren:

Va.

 

Pierre Chevelle:

Avoir peur de laisser.

 

Stein Van Oosteren:

Nos enfants se déplacer seuls parce qu'en un peu, c'est trop dangereux. Du coup, on utilise encore plus la voiture. Du coup, la rue est encore plus dangereuse. Exactement. C'est un peu absurde. Je peux rajouter une chose, si tu veux bien, parce qu'en fait, si trois enfants sur quatre aux Pays-Bas se déplacent à eux seuls sur le vélo, d'ailleurs, ils sont ensemble entre eux. Moi, j'allais toujours à l'école avec mes parents. Et donc, on construit.

 

Stein Van Oosteren:

Donc, on a 60 minutes de présence avec un ami sur un vélo en totale intimité où on peut construire sa vie sociale et intime parce qu'on discute des choses. Donc, on construit aussi quelque chose comme ça sur le vélo. Ça aussi, c'est jeté à la poubelle dès que vous le mettez dans les transports en commun, dans des voitures. Ça, c'est autre chose. Mais pensons aussi au quart scolaire. Ce mot n'existe pas en hollandais. Il n'y a pas de car scolaire, alors qu'en France, on a une administration pour ça. On a un parc d'autocar qui transporte en permanence des gamins, qui coûte un pognon de dingue.

 

Stein Van Oosteren:

Un car, ça coûte 200 000 euros. Si tu multiplies par le nombre de cars qui sont utilisés, je crois que j'avais calculé ça à hauteur de 7 milliards d'euros. Et là, je parle juste de l'achat de ces engins. Après, il faut les nourrir avec des carburants pour polluer le futur des enfants. En plus, il faut faire travail des chauffeurs. En fait, on crée une sorte de besoin artificiel de chauffeurs et de cars soi-disant pour protéger les enfants, alors qu'on pourrait utiliser cet argent pour créer une fois pour toutes un réseau cyclable qui leur permettrait de se déplacer tout seul. Et du coup, on n'aura plus besoin de faire cet investissement qu'on fait tout le temps. Et pour moi, ce qui est tragique, notamment quand les parents considèrent ça en plus comme un acquis.

 

Stein Van Oosteren:

Voilà, c'est un acquis. Mon enfant a droit à ça, alors que pour moi, c'est plutôt.

 

Pierre Chevelle:

Le droit de jeter ta santé et ton bien-être par la fenêtre. Pour moi, c'est comme... C'est presque comme, comment dire, chérir les boulets qu'on a accrochés à ta cheville. C'est vraiment ça. C'est vrai que moi, ce qui m'anime le plus dans l'émission notamment, c'est d'aider les gens à devenir acteurs et de leur vie, et du changement, et de la société. Et du coup, je trouve qu'effectivement, que ce soit le... Forcément, on préfère tous les deux les transports en commun à la voiture, mais que ce soit la voiture ou le bus, en fait, tu es beaucoup plus, surtout quand tu es un enfant et que du coup, tu ne conduis pas, beaucoup plus passager. Effectivement, tu ne prends aucune décision là où le vélo, c'est moi je me rappelle la première fois que j'ai commencé, c'est au lycée que j'ai commencé à aller à l'école à vélo, mais ce sentiment de liberté en plus à ce stage-là où c'est trop kiffant et que tu en as besoin, moi c'est ça qui fait que depuis que je suis revenu, qu'on a déménagé à Lyon il y.

 

Stein Van Oosteren:

A quatre ans, où maintenant on n'a pas de voiture, je fais tout à vélo, mais ça me rend tellement heureux par rapport forcément à prendre le métro ou les bus à Paris. Moi, je te remercie d'en parler parce qu'en fait, quand on parle.

 

Pierre Chevelle:

De vélo, on parle toujours de ce truc qui prend.

 

Stein Van Oosteren:

De la place, qui fait peur aux gens, etc. En fait, on lui reproche tout ce qu'on n'ose pas reprocher à la voiture. La voiture prend quand même 15 fois plus de place. Exactement. Et on oublie de dire, et c'est ce que j'ai mis en première phrase dans mon livre, je vais la lire pour les personnes qui nous écoutent.

Le plaisir et la liberté comme moteurs du changement

Les cyclistes vous donneront une dizaine de raisons pour lesquelles ils font du vélo, mais derrière chaque raison se cachent le plaisir et la liberté. Parce que, tu viens de le dire, on ne parle jamais de ça et ce sont que des cyclistes, des personnes qui sautent le pas, qui testent le vélo, qui goûtent tout de suite à ça. C'est comme quand tu manges du chocolat, dès que tu as compris que c'est bon, tu n'as plus intérêt à manger du chocolat, même si ça vient d'ailleurs de l'autre bout du monde, c'est un autre sujet.

 

Stein Van Oosteren:

Et pour le vélo, c'est une fois que tu goûtes à ça, tu ne reviens jamais en arrière. Et c'est pour ça que je dis, moi, je ne suis pas un dictateur vert qui vient t'imposer quoi que ce soit. Je te permets de découvrir quelque chose que tu adores naturellement, pour lequel tu es né. Mais il faut que tu goûtes toi-même pour pouvoir le tester. Et ce qui se passe ensuite, c'est que des gens viennent me dire, pour me remercier. Mais Stein, c'est génial, c'est génial. C'est grâce à toi que je fais du vélo et t'as tout changé. Et en fait, c'est super le.

 

Pierre Chevelle:

Vélo parce que c'est là. Et là, je dis, mais oui, mais en fait, ça fait des années que je t'en parle. Mais c'est très grave. C'est pas très grave. Parle-moi, fais-toi plaisir. Oui, à condition que l'espace public soit adapté, parce que sinon, t'es juste flippé ou alors t'as un accident. Mais pendant le Covid, il y a eu énormément de pistes de vélo créées, les coronapistes, soit de désobéissance civile, soit carrément par les.

 

Stein Van Oosteren:

Municipalités, enfin en tout cas les collectivités. Tu peux nous raconter comment t'as décidé de faire un comptage de cyclistes à Châtillon et découvert l'opposé de ce que tu pensais ? Ah oui, oui. Quand on a eu cette extraordinaire opportunité de la catastrophe du Covid et que le gouvernement avait besoin d'une solution de transport qui avait de la distanciation physique, ce qui n'est pas le cas dans les transports en commun, mais sur un vélo, tu as cette bulle de distanciation naturelle de 1m50. Ils ont créé les coronapistes. Et nous, on avait tout de suite compris deux choses, que ça allait mettre beaucoup de gens sur le vélo. C'est ce qui s'est passé. Mais aussi que dès que la crise serait terminée, ils allaient retirer ces pistes. Parce que nous, en tant que militants, il faut toujours anticiper l'adversaire.

 

Stein Van Oosteren:

Et l'adversaire, c'est la normalité et le statu quo. Et donc, on s'était dit, les pistes sont là, il faut qu'on compte le nombre de personnes qui sont dessus. Et donc, on a commencé à compter le nombre de voitures pour avoir des statistiques qui sont, comment dire, qu'on ne peut pas disqualifier. Et à un moment donné, j'avais fait un comptage moi-même, un matin, et c'est dur parce qu'il faut se lever tôt avant d'aller travailler, dans le froid, c'est assez pénible, mais bon, on l'a fait. Et à la fin, j'avais fait une vidéo pour montrer qu'en fait, qu'il y avait pas tellement de personnes, je crois, sur un vélo. Je voulais être honnête pour montrer en image ce que j'avais vu et je n'avais pas eu l'impression qu'il y avait tellement de cyclistes sur cette piste. Mais.

 

Pierre Chevelle:

Après, j'ai fait le comptage.

 

Stein Van Oosteren:

Des petits bâtonnets.

 

Pierre Chevelle:

Que j'avais dessinés dans mon petit carnet et.

 

Stein Van Oosteren:

J'Avais constaté qu'il y avait, je crois, plus de vélo. Je ne me souviens plus exactement des données. 10 à 22% de vélo. Voilà, c'est ça. Alors que tu t'attendais à vraiment beaucoup moins. Tout à fait. Et parce que 10 à 20%, c'est énorme. Je veux dire, la moyenne en France, c'est genre 2-3%.

 

Stein Van Oosteren:

Et là, c'était 10 ou 20%, ce qui est énorme en termes de ce qu'on appelle la part modale, c'est-à-dire la partie des déplacements effectués à vélo. Et donc là, j'ai compris que la barrière des 3% avait été explosée. Et pourquoi c'était d'autant plus intéressant ? C'était un spot hostile en banlieue. Je me souviens exactement où on faisait ces témoignages, sur une énorme départementale.

 

Pierre Chevelle:

RD 906. Et c'était un endroit pénible, sans piste cyclable. Aujourd'hui, il y a toujours cette piste cyclable qui existe parce qu'il y avait la coronapiste qui a été testée et qu'on a gardée ensuite. C'est vrai que moi, le premier truc que je me suis dit, c'est trop bien, mais est-ce que ce n'était pas juste un effet Covid et ça a diminué après ? Non, en fait, comme c'était un endroit hyper hostile et vu les chiffres énormes par rapport à la moyenne, ça t'explique que les pistes créées n'ont pas créé un usage artificiel, elles l'ont révélé et que derrière, il y a une vraie demande qui demande juste à être satisfaite. Ça prouve bien que les frères, ils ne sont pas... que technique, mais aussi psychologique, puisqu'il y a une vraie demande insatisfaite. Et d'ailleurs, tu racontes une autre anecdote. T'as commencé à énormément t'impliquer, donc t'as fondé dans ta ville l'association Fontenay-aux-Roses à vélo, Phare à vélo, pour démocratiser le vélo.

 

Pierre Chevelle:

Participer, on l'a dit, à la création du collectif Vélo Île-de-France, une fédération d'associations cyclistes régionales pour rendre l'Île-de-France cyclable, etc. Et tu faisais donc beaucoup de rendez-vous avec des élus. Est-ce que tu veux nous raconter cette anecdote que je trouve ultra.

 

Stein Van Oosteren:

Pertinente, où tu rencontres la conseillère du ministre des Transports, je crois, où tu t'énerves un peu en demandant « mais pourquoi rien n'est fait pour le vélo malgré tous ses avantages ? » et ce qu'elle t'a répondu. Mais est-ce que tu penses qu'il y a Olivier Schneider.

 

Pierre Chevelle:

Qui explique dans la préface qui explique dans la préface ce qu'une conseillère de Ségolène-Royal lui avait répondu quand il lui a.

 

Stein Van Oosteren:

Posé la question. « Mais pourquoi vous ne nous prenez pas au sérieux ? » C'est à ça que tu faisais l'essence ? Ah, c'était pas toi. C'est peut-être que j'ai mal engagé. Oui, c'est parce qu'elle s'est partie, mais elle n'existait pas. que je remercie, qui était le président de la FUB, le dernier président, parce qu'aujourd'hui, il y a une coprésidence, je crois, de 2015 à 2025, et qui m'a offert une magnifique préface, qui est un très beau texte et qui raconte, effectivement, comment Olivier, il a fait monter le lobby vélo. Et donc, il voulait vraiment réussir. Et donc, il était effectivement dans les cabinets de Ségolène Royal. Et.

 

Pierre Chevelle:

En fait, il en avait marre.

 

Stein Van Oosteren:

Qu'On ne prenne pas les cyclistes.

 

Pierre Chevelle:

Au sérieux. Et donc, il.

 

Stein Van Oosteren:

A posé la question à un conseillère, mais pourquoi vous ne me prenez pas au sérieux ? Elle a dit, mais parce qu'on ne vous voit jamais. C'est parce que vous n'existez pas. C'est parce que vous n'existez pas. C'est violent et tellement vrai. Exactement. Et il a tout de suite dit, parce que lui, il est extrêmement stratège, il a dit, écoute, à partir de maintenant, je vais être partout, tout le temps. Et c'est ce qu'il a fait. Il a décidé d'être allé d'aller partout.

 

Stein Van Oosteren:

Et pour avoir ensuite discuté avec des députés.

 

Pierre Chevelle:

À plusieurs reprises, ils m'ont tous confirmé que le lobbyiste le plus efficace et le plus connu à l'Assemblée nationale, c'est Olivier Schneider. Maintenant, voilà, il fait autre chose liée au vélo, mais il a été pendant des années, il habitait là-bas pour parler. C'est clair que c'est ce qu'il faut faire, déjà qu'on est moins.

 

Stein Van Oosteren:

Nombreux forcément.

 

Pierre Chevelle:

Qu'Eux. et l'omni-fossile ou.

 

Stein Van Oosteren:

Quoi. La réponse exacte, c'est parce que vous n'existez pas, de la conseillère. Personne ne vous connaît. En vous voyant, je devrais avoir la trouille et me dire qu'est-ce que je lui ai promis la dernière fois déjà. J'adore ça. J'ai été brutalement honnête. Ouais. Oui, oui.

 

Pierre Chevelle:

En fait, il faut se confronter à ses faiblesses et aussi se poser la question. Pourquoi ? Pourquoi les gens ne m'écoutent pas ? Pourquoi ils n'ont pas peur de moi.

 

Stein Van Oosteren:

? En fait, moi, j'essaie toujours d'observer l'industrie automobile, en fait, plutôt que de me plaindre. Quand elle dit ça, ça veut dire que de l'autre côté, il y a des dizaines ou des centaines de lobbyistes des industries fossiles ou polluantes qui lui foutent la trouille. Mais c'est ça, 9 lobbyistes sur 10 qui vont là-bas viennent du secteur privé et pas de l'intérêt général. Alors que nous représentons l'intérêt général, nous ne défendons pas une industrie. C'est ça la différence entre le lobby vélo et le lobby voiture. Le lobby voiture est représenté par quelques industriels et leurs actionnaires parce qu'il n'y a pas les... C'est ça qui est très spécial. C'est vraiment le peuple lui-même qui veut absolument être libre sur la route, dans notre espace public.

 

Stein Van Oosteren:

Et c'est ça qui est... C'est ça qui est très beau. Ça montre aussi notre vraie force. Ça ne vient pas de notre portefeuille et ce n'est pas quelque chose juste de financier. Non, il s'agit de notre liberté, de notre bien-être. C'est En fait, d'un droit aussi profond que celui de pouvoir respirer, ce qu'il y a d'intéressant, de c'est ce qu'il.

 

Pierre Chevelle:

Y a d'intéressant.

 

Stein Van Oosteren:

C'Est.

 

Pierre Chevelle:

Ce qu'il qu'il y a d'intéressant. s'alimenter. Le troisième, c'est quoi ? C'est de bouger en toute liberté en utilisant son corps. Aujourd'hui, le lobby automobile a réussi à nous enlever ça. L'enfant doit avoir peur partout de mourir dans son propre espace public. Les adultes aussi. Voilà. Il y a, tu l'as dit, un lien entre sédentarité et santé publique, mais aussi atrophie du cerveau.

 

Pierre Chevelle:

Moins on bouge, plus le cerveau y rétrécit, d'où l'intérêt du sport ou du vélo, effectivement, pour la santé publique. Mais j'avoue que moi, cette image, elle me marque de me dire, OK, si je prends la voiture trop souvent, c'est peut-être un peu.

 

Stein Van Oosteren:

Extrême, mais en tout cas, symboliquement, je trouve que ça peut aider à passer à l'action. Mon cerveau, il va rétrécir un peu, à force d'être tout plan-plan. de manière globale. C'était plus pour une petite anecdote, l'anecdote symbolique. C'était plus pour partager cette image que je trouvais. Je peux la compléter parce qu'en fait, moi aussi, cette image m'a beaucoup touché parce que c'est un médecin que je cite dans le livre qui explique, c'est un peu comme un voleur qui rentre dans ta maison, la sédentarité, et qui coupe un à un les systèmes d'alerte. Et du coup, les personnes finissent par.

 

Pierre Chevelle:

Ne plus sentir ce qui se passe. Tu ne vois.

 

Stein Van Oosteren:

Plus tes veines se dégrader, tu ne vois plus tes muscles se dégrader, tu ne vois plus ta force physique se dégrader. Parce qu'en fait, la sédentarité, ça fait du bien, c'est très addictif, c'est comme le sucre. J'ai envie de me mettre debout là pour faire l'interview. Ah non, mais en fait, moi, je te dis, ça a été flippant pour.

 

Pierre Chevelle:

Moi d'écrire un livre sur la sédentarité étant assis. Et je.

 

Stein Van Oosteren:

Peux te dire que maintenant, je n'ai plus un bureau assis. Exactement. Regarde, mon chien, regarde, je vais le faire en direct. Regarde bien. J'ai un bureau relevable et je travaille debout la moitié de la journée. Trop bien. Moi, j'en ai un, mais je ne l'utilise pas. Non, mais il faut absolument, parce que c'est très mauvais.

 

Stein Van Oosteren:

Là, je suis debout et je travaille comme.

 

Pierre Chevelle:

Ça, debout, parce que sinon, moi, quand je vois un bureau qui ne bouge pas, c'est-à-dire un bureau à l'ancienne, c'est comme quelqu'un qui fume dans un bureau. Un bureau qui ne peut pas se relever, pour moi.

 

Stein Van Oosteren:

C'Est un.

 

Pierre Chevelle:

Bureau... C'est pas un bureau du 21ème siècle. J'aime trop qu'on se soit tous les deux levés. J'espère que ça ne va pas.

 

Stein Van Oosteren:

Trop modifier le... Toi, le son, ça devrait aller avec les écouteurs. Moi, je vais essayer de garder la même distance du micro. Trop bien. De manière globale, c'était l'accroche du podcast. Tu penses vraiment que la France pourrait devenir un paradis du vélo en quelques années ? Absolument. C'est juste une question de volonté politique. En plus, c'est un très beau pays qui mérite d'être découvert à vélo.

 

Stein Van Oosteren:

Pour le tourisme, je viens de faire quelques kilomètres au bord de la Loire avec ma femme. c'est encore un autre vecteur économique de développement dont on n'a même pas discuté, mais c'est juste une question de, est-ce qu'on veut abaisser la vitesse maximale, est-ce qu'on veut couper le transit, est-ce qu'on veut créer des pistes cyclables plutôt que de mettre de l'argent dans des nouveaux data centers pour l'intelligence artificielle, et c'est.

 

Pierre Chevelle:

Vraiment cette décision-là.

 

Stein Van Oosteren:

Ce choix-là, parce qu'il s'agit de faire des choix qui vont permettre à nos enfants de pouvoir se déplacer de manière autonome ou pas. Et aussi les personnes handicapées, parce qu'aux Pays-Bas, 16% des personnes âgées et plutôt handicapées utilisent les pistes cyclables pour se déplacer. Donc oui, absolument. Et je veux même te dire que ça va arriver, quoi qu'il arrive, parce que ce n'est pas avec le pétrole et les voitures électriques qu'on va pouvoir tenir une croissance comme on le fait aujourd'hui. Donc oui, ça va arriver, même si on ne fait rien. Mais on va travailler beaucoup pour que ça puisse arriver, pour qu'on puisse avoir un partage de l'espace public aussi plus apaisé. Je veux quand même mentionner Paul Vary, le cycliste parisien qui a été tué par un automobiliste le 15 octobre 2024. qui a révélé un scandale d'hostilité.

 

Pierre Chevelle:

De l'espace public, une culture de la violence que nous avons créée à travers la surmotorisation. Et là aussi, c'est quelque chose que je lutte beaucoup personnellement et avec mes amis pour que ça change et pour qu'on vive une qualité de vie plus agréable dans notre espace public. Bah oui, dans la première interview qu'on avait faite sur le vélo, on avait raconté ce que tu connais sûrement par cœur. Effectivement, c'était un drame chez vous en Hollande, enfin chez vous, t'es aussi français j'imagine, qui avait déclenché tout ce changement d'un pays de la voiture à un pays du vélo. Et justement sur les réseaux notamment Insta et LinkedIn, tu avais fait un post où tu étais rendu par exemple sur le lieu de cet accident tragique, mais tu partages énormément de vidéos dans la rue pour dénoncer justement ou féliciter des aménagements absurdes ou intelligents de l'espace public. Par exemple, tu reviens d'Ouzbékistan pour le travail, où tu as vu une innovation toute bête que j'ai déjà vu dans d'autres pays, effectivement, où il y a un compteur au feu rouge du nombre de.

 

Stein Van Oosteren:

Secondes qui te restent, soit avant que le feu démarre au vert en voiture ou en vélo, et du coup, c'est moins frustrant de patienter, ou quand tu vas traverser plutôt que quand c'est... Bref. Est-ce que tu connais d'autres innovations.

 

Pierre Chevelle:

Qu'On pourrait facilement installer ou qui, toi, t'inspirent ? En fait, il s'agit de connecter.

 

Stein Van Oosteren:

Les alternatives qui existent. Il ne s'agit.

 

Pierre Chevelle:

Pas de petites... parce que ce sont des gadgets qui sont utiles, mais ça ne change pas le fond de l'affaire. Et le fond de l'affaire, c'est que... Non, mais ça ouvre un peu l'imaginaire, je trouve, de la rue pour être différente. Tu veux dire ce compteur ? Oui, ou d'autres exemples, les pots de fleurs dont on a.

 

Stein Van Oosteren:

Parlé. Je ne sais pas d'autres choses. Bien sûr qu'il faut des aménagements globaux et des changements psychologiques. Je trouve que ça crée une brèche dans nos imaginaires de se.

 

Pierre Chevelle:

Dire, OK, il pourrait y avoir.

 

Stein Van Oosteren:

Des petites innovations comme ça. De la rue pourrait être différente de ce qu'on imagine. Oui, mais je veux quand même éviter qu'on se focalise sur de petites choses qui ne vont pas changer. Il faut que les gens comprennent quand même le problème systémique. Oui, ce n'est pas la solution. Une fois que tu comprends un sujet, on ne peut pas se concentrer sur une toute petite chose qui va... Même si c'est agréable pour l'esprit, en fait, il faut tout simplement... Tu as commencé ce podcast avec cet exemple des pots de fleurs et en fait, il y a tout dedans.

 

Stein Van Oosteren:

Si les gens retiennent juste ça, c'est-à-dire que J'irai encore plus loin, c'est que l'infrastructure ou les gadgets, l'infrastructure cyclable la plus importante qui existe, elle est 20 centimètres. C'est la distance entre l'oreille gauche et l'oreille droite, c'est-à-dire c'est l'infrastructure dans ta tête. Et c'est quoi l'infrastructure cyclable dans la tête ? C'est quand tu auras compris que le vélo n'est pas un sport, mais un transport. Encore aujourd'hui, quand les gens me connaissent comme monsieur vélo, et donc les gens me parlent tout de suite, ah oui le vélo, le Tour de France. Et il dit, non, ne me parlez pas du Tour de France, c'est pas mon sujet, je ne fais pas de vélo de course, je n'ai jamais fait ça, ça ne m'intéresse pas, moi ce qui m'intéresse c'est C'est un peu comme si, quand je dis le mot auto ou voiture, tu ne vas pas tout de suite penser à une voiture de Formule 1. Tu vas penser à une voiture comme ça. Pour le vélo, c'est pareil. Le vélo, c'est juste comme les chaussures, comme une voiture, un mode de transport.

 

Stein Van Oosteren:

Donc, en fait, il faut juste se rendre compte que c'est un mode de transport. Et une fois qu'on aura compris ça, Dans ce cas-là, mettons-le en place parce qu'en fait, la tragédie du monde actuel, c'est que quand tu regardes dehors, le piéton, il a son système et son réseau. Ça s'appelle un réseau de trottoir qui est impeccable, entre guillemets. Il y a l'automiste qui a vraiment le réseau royal du monde pour aller partout sans aucun problème. Pour le train, c'est pareil. Ça s'appelle SNCF. Ils ont mis ça en place. Et pour le cycliste, il se débrouille avec les miettes entre les deux.

 

Stein Van Oosteren:

Et en fait, il faut juste faire ce quatrième roue, cette quatrième patte de la bête qui s'appelle la mobilité. Il faudra le connecter aussi. Et ensuite, il faut aussi connecter les réseaux entre eux, c'est-à-dire que ce n'est pas à vélo que tu vas.

 

Pierre Chevelle:

De Paris à Marseille. Mais moi, par exemple, demain, je vais en Bretagne. Donc, je vais sur mon petit vélo pliant.

 

Stein Van Oosteren:

Je vais à la gare Montparnasse. Ensuite, j'embarque dans le train pour aller à Rocheron. Donc une fois qu'on aura fait ça, tout le monde se déplacera à vélo. Trop bien. Justement, on en est où aujourd'hui du vélo en France ? C'est quoi un peu les enjeux des années à venir pour toi ? C'est toujours la même chose. Il y a deux La seule peur qui empêche les Françaises et les Français de faire du vélo, c'est la peur de la voiture et la peur du vol. C'est ces deux peurs-là. Et pour résoudre la peur du vol, il faut du stationnement sécurisé.

 

Stein Van Oosteren:

Et ça, c'est en train d'être réglé parce qu'il y a même une loi qui a été la loi l'homme en 2019 qui a été mise en place et qui oblige les villes à mettre en place du stationnement sécurisé dans les gares. Donc ça, c'est déjà une très, très bonne chose. Et ensuite, pour la peur de la voiture, il faut Retenez toujours ce pot de fleurs. Il faut ce pot de fleurs entre les cyclistes et les voitures, mais ça s'appelle un séparateur, ça peut être du granit, ça peut être du plastique, peu importe. Il faut un réseau cyclable structurant, c'est-à-dire On ne va pas mettre des pistes cyclables partout sur toutes les rues. 70% des rues au Pays-Bas.

 

Pierre Chevelle:

N'Ont pas de pistes cyclables. Alors non, ils n'ont.

 

Stein Van Oosteren:

Pas de pistes cyclables. Alors comment ils font ? En fait, parce qu'ils ont baissé la vitesse et parce qu'ils ont coupé les transits. parce que les centres-villes ne sont plus abusés comme des départements d'Albis, mais ce sont devenus des espaces de vie très agréables. Vous n'êtes pas incité à y aller en voiture. Mais c'est ça. Et donc, quand on met juste ces principes-là... En fait, moi, j'avais inventé une autre série de lettres, RRSS, il faut réduire la vitesse et le volume des voitures qui passent. Il faut le R de réseau, il faut un réseau structurant comme apparaît le réseau express vélo.

 

Stein Van Oosteren:

C'est quatre puces cyclables de 43 kilomètres. Le fameux réseau cyclable parisien dont parle tout le monde et qui met des milliers de gens sur le vélo, c'est 44 kilomètres, pas un de plus. C'est très, très peu. Et ensuite, il faut sécuriser le cycliste, notamment sur des grands axes. Il faut donc des pots de fleurs ou une séparation. Et puis, il faut des services aussi. Il faut pouvoir acheter un vélo et pouvoir le louer. Il faut pouvoir le faire réparer parce que souvent, on en trouve...

 

Stein Van Oosteren:

Moi, dans ma ville, j'habite dans une ville française de 25 000.

 

Pierre Chevelle:

Habitants et il.

 

Stein Van Oosteren:

N'Y a pas.

 

Pierre Chevelle:

Un vélociste. Donc, dans la rue centrale commerçante de ma ville, il y a un concessionnaire de voitures. Tu peux acheter des voitures, mais tu ne peux pas acheter un.

 

Stein Van Oosteren:

Vélo et encore moins le faire réparer. C'est absolument incroyable. Donc, il y a.

 

Pierre Chevelle:

Une manière financière à développer. Ça, c'est clair. Ah ben oui. Trop bien. Et.

 

Stein Van Oosteren:

Pour finir, est-ce que tu aurais des anecdotes sur l'impact que ton travail sur le vélo a pu avoir via des retours de lecteurs ou en conférence ou sur les réseaux sociaux ? C'est-à-dire après mes interventions ? Ouais, ou des gens qui ont lu le livre ou des gens, des témoignages, des... Ah mais tout le temps, des gens qui me remercient d'avoir, que c'est grâce à moi qu'ils font du vélo, même si c'est, moi je parle en fait d'un effort énorme collectif, mais des gens qui me, oui, qui me contactent avec une joie incroyable, avec une gratitude énorme que je les ai, que je leur ai ouvert les yeux. Ça, ça arrive très souvent et c'est ça qui me motive en fait. Ce sont des retours que j'ai sur mes livres, sur mes interventions, mais c'est aussi une question d'énergie en fait. Je ne suis pas payé pour faire ça et c'est parce que je parle d'une en fait, d'un sentiment d'injustice. Pour moi, c'est une question d'injustice qui se passe. En fait, en France, on prive les enfants de quelque chose qui, pour moi, est primordial, c'est de pouvoir marcher, mais avec un vélo. Parce que faire du vélo, c'est un peu marcher, mais plus vite.

 

Stein Van Oosteren:

Et il y a deux roues. Ça, ça arrive tout le temps et ça se traduit aussi par des invitations. Je suis très souvent invité et je vis quelque chose de très agréable parce que je ne fais que parler de quelque chose que j'ai découvert comme ça par hasard, parce que je voulais juste être utile, comme je l'écris dans un autre livre, je voulais juste être utile pour la société. Le vélo, c'est un très bon prétexte pour être utile. Donc je les remercie pour les témoignages qui me donnent de l'énergie en échange pour aider d'autres personnes et surtout les motiver à s'engager eux-mêmes. Parce que les gens me disent très souvent, j'adore ce que vous faites sur les réseaux sociaux parce que je les fais réfléchir en fait sur l'espace public. C'est ça mon propos. J'essaie de leur donner un regard critique sur leur monde.

 

Stein Van Oosteren:

Mais ce que je dis toujours, c'est que déjà, partagez-le. Partagez-le, parce que c'est ça qui fait que ça... C'est un collectif. Mais surtout, faites-le vous-même. Parce que moi.

 

Pierre Chevelle:

Je fais ça.

 

Stein Van Oosteren:

Un peu comme entre.

 

Pierre Chevelle:

Les pommes de.

 

Stein Van Oosteren:

Terre et la.

 

Pierre Chevelle:

Soupe. Les gens pensent que je.

 

Stein Van Oosteren:

Suis dehors toute la journée pour faire ça. Non, je fais ça le matin sur mon trajet de travail. Je fais ça Quand je peux, comme quelqu'un qui fume une clope, je fais une vidéo sur un coiffure. Chacun son addiction. C'est une addiction, effectivement. Et d'intérêt général. C'est exactement ça. Une addiction d'intérêt général, j'aime bien.

 

Stein Van Oosteren:

La plus belle anecdote, je trouve, en fait, maintenant j'y pense, c'est que ça me fait vraiment plaisir quand les gens me disent « Ah, je fais une vidéo à la Stein ». Et ça me rend très, très heureux. Pas parce que c'est mon ego qui est inflaté, mais c'est parce que les gens, ils se lâchent et ils commencent à apprendre à parler de leur espace public. Parce qu'en fait, ce que je fais, c'est très trash, c'est très direct, c'est très brut, c'est très... Je ne réfléchis pas très, très longtemps. Je joue dans ma caméra, je commence à parler et tout le monde peut le faire. Et d'ailleurs, je devrais peut-être faire une sorte de cours, même... une formation pour permettre aux gens de faire ça parce que ça a beaucoup d'impact, mes vidéos le montrent parce qu'en fait on peut regarder le nombre de likes, parfois il y a un million de vues, il y a des vidéos qui ont été tournées énormément et c'est extrêmement utile parce que c'est là que les gens montre aux autres que voilà, on pourrait avoir un monde complètement différent.

 

Changer de regard sur l'espace public : sortir du siècle dernier

Stein Van Oosteren:

Et c'est très difficile parce que nous ne sommes pas formés pour penser notre espace public autrement. Quand on regarde dehors, on voit un monde et on pense que c'est normal. On pense que c'est moderne, alors que pas du tout. Tout ce que tu vois... à l'extérieur, c'est quelque chose qui a été fait par des gens qui sont déjà morts, souvent, qui sont basés sur des idées qui sont du siècle dernier. Mais on continue à les perpétuer parce qu'on a l'habitude de faire comme ça. C'est ça qui est drôle. Maintenant, on vit en 2025, bientôt 2026, on a de graves problèmes qui nous arrivent sur la figure.

 

Stein Van Oosteren:

Il faut qu'on fasse autrement. Et en plus, ce n'est pas du tout triste. Une société cyclable, comme aux.

 

Pierre Chevelle:

Pays-Bas, d'ailleurs l'économie néerlandaise fonctionne un peu mieux que l'économie française, c'est très agréable. Les gens qui vont aux Pays-Bas et qui reviennent me disent toujours « Ah, mais c'est tellement génial chez toi parce que mes enfants ont pu se déplacer à vélo. » Et surtout, le silence. On s'entend parler dans la rue et c'est ça qui est agréable. Transition parfaite, parce qu'on va enregistrer une deuxième partie avec Stein.

 

Stein Van Oosteren:

Sur son nouveau livre, Désir d'agir, comment passer à l'action, qui sortira dimanche prochain sur le podcast et où justement, voilà, on parlera, le vélo, c'est juste la porte d'entrée, mais voilà, on a tous des envies d'agir dans plein de domaines et du coup, ce sera l'occasion d'aborder tout ça. Merci beaucoup, Stein. Ciao tout le monde, à dimanche prochain. A dimanche.