
Votre entreprise a déjà tout mis en place : parking vélo, forfait mobilité durable, etc.
Et pourtant… les salariés ne se mettent pas au vélo.
Pourquoi la majorité des politiques vélo en entreprise échouent ?
Parce que passer au vélo, c’est un vrai changement d’habitude.
Alors la PME nantaise Velonomy part d’un constat simple : chaque salarié a des freins différents (insécurité, trajet, confort…).
Dans cet article et le podcast associé, vous allez comprendre comment Velonomy fait les choses différemment pour réellement créer des cyclistes (et pas juste fournir des vélos électriques).
1. Velonomy : une autre manière de développer le vélo en entreprise
Ce que fait Velonomy
Acheter des vélos ne suffit pas à créer des cyclistes.
C'est pour cela qu'au-delà de louer ou de vendre des vélos électriques (de fonction, de service, vélos partagés...), Velonomy se concentre sur la formation et l'accompagnement individuel pour réellement créer des cyclistes.
Charles Thiolon, fondateur de Velonomy
Charles Thiolon est un passionné de vélo… transformé par ses voyages de plusieurs mois à travers l’Europe. Mais dans son ancienne boîte, il est le seul à venir à vélo... sur 2 500 salariés !
Il sait à quel point le vélo peut transformer le quotidien et avoir de nombreux bénéfices (santé, économies, fin des bouchons...). Alors avec son frère Grégoire Thiolon, il créé la PME nantaise Velonomy pour aider un maximum de personnes à se mettre en selle.
2. La méthode Velonomy pour faire passer les salariés au vélo
Équipement adapté
Comme le dit Charles :
“Le vélo ne fait pas le cycliste.”
Un vélo mal adapté, c’est un vélo qui reste au garage.
Alors Velonomy propose 4-5 vélos électriques adaptés à la réalité de chaque salarié :
sa distance domicile-travail
son niveau de pratique
ses contraintes personnelles (enfants à transport, matériel à porter, mal de dos, etc.)
Beaucoup de salariés croient que le vélo électrique n'est pas fait pour eux alors qu'il existe énormément d'options de vélo et de matériel pour les principaux besoins (vélo cargo pour les enfants, sacoches pour l'ordinateur, cadenas très sécurisés…).
Formation en conditions réelles
Mais le vrai blocage est d'abord mental : peur des voitures, peur de ne pas maîtriser un vélo électrique, peur du regard des autres voire du ridicule (surtout en entreprise).
Alors Velonomy mise sur la pratique :
prise en main du vélo (notamment électrique, plus lourd, mais très maniable et plus rapide)
apprentissage des règles spécifiques (le code de la route vu du vélo, positionnement, priorités, panneaux vélo)
Objectif : confronter les préjugés au réel.
Construire son trajet domicile-travail
On a tendance à imaginer qu'on ferait le même trajet en vélo qu'en voiture. C'est rarement le meilleur trajet.
Velonomy aide chaque salarié à construire son itinéraire vélo idéal :
éviter les grands axes stressants
privilégier les pistes cyclables ou les voies vertes
trouver l'équilibre qui convient au salarié entre sécurité, vitesse et plaisir
Parfois, quelques minutes de plus, c'est beaucoup moins de stress et beaucoup plus de plaisir en arrivant au travail.
Et surtout, Velonomy fait le premier trajet à vélo domicile-travail aux côtés du salarié !
Oui, oui, ils roulent à côté du salarié. Accompagner les gens jusqu'au bout, c'est ça qui ancre le changement d'habitude.
Tester le vélo en entreprise : le programme ambassadeur Velonomy
Le programme ambassadeur, c'est des salariés volontaires qui testent leur vélo électrique pendant 3 à 6 mois.
Cela comprend :
un équipement complet
une formation personnalisée
un trajet optimisé
un premier trajet accompagné, en conditions réelles
un suivi régulier (questionnaires, échanges…)
Résultat : 9 salariés sur 10 continuent après le test.
Pourquoi ?
Parce qu’ils ont vécu une expérience concrète.
Pas juste entendu parler des bénéfices.
3. Pourquoi le vélo en entreprise ne fonctionne pas (sans accompagnement)
Les faux freins
Quand on demande aux gens pourquoi ils ne viennent pas à vélo, les réponses sont souvent :
“Je transporte des affaires”
“Je vais être mouillé”
“Je dois déposer mes enfants”
Des freins qui semblent logiques... mais qui se résolvent facilement :
sacoches
vêtements de pluie adaptés
vélos cargos
Ce ne sont pas les freins qui bloquent vraiment le passage à l’action.
Les vrais freins du vélotaf : peur, expérience, image
Charles Thiolon parle d’un “iceberg du vélo” car les vrais freins sont invisibles et plus subtils :
peur de la circulation
manque de confiance en soi
absence d’expérience réelle
Beaucoup de salariés ne sont jamais venus à vélo sur leur lieu de travail.
Alors on s'imagine que c'est trop loin, dangereux ou trop physique (ce qui est parfois le cas).
Ajoutez à ça la peur du regard des autres en entreprise et vous avez un blocage puissant.
D'où l'importance de faire vivre une première expérience personnalisée et rassurante.
Le verrou culturel de la voiture
Le dernier frein est le plus invisible : La voiture est la norme.
Même quand le trajet est pénible, elle reste le choix par défaut.
Par habitude, par confort perçu ou par statut social.
Passer au vélo, ce n’est pas juste changer de transport, c'est parfois changer une identité.
Là encore, Velonomy ne remplace pas la voiture. Ils rendent le vélo crédible et désirable dans le quotidien des gens.
4. Ce que Velonomy change concrètement
Pour les salariés
Au départ, il y a souvent des doutes. Parfois même une vraie appréhension.
Puis après la première expérience, souvent, on change de regard.
Le trajet quotidien n’est plus subi mais choisi. On évite les bouchons, on respire un peu plus, et surtout, on arrive au travail avec une énergie différente. Pas épuisé. Pas tendu. Juste… bien.
Beaucoup découvrent que le vélo ne leur “prend” pas du temps, il leur en redonne.
Certains économisent plusieurs milliers d’euros par an (essence, péages, etc.).
Beaucoup racontent avoir retrouvé de l'énergie et une forme physiquesans même chercher à “faire du sport”.
Pour les entreprises
Côté entreprise, l’impact dépasse largement la mobilité.
Déjà, les trajets domicile-travail peuvent représenter jusqu’à 30 % de l’empreinte carbone.
Mais personne ne se met à vélo par écologie, pour réduire ses émission de CO2.
Ce qui change vraiment, c’est le vécu des salariés : Un collaborateur qui arrive détendu travaille mieux. Un salarié qui se sent bien reste plus longtemps. Et une entreprise qui prend soin de la santé et du porte-monnaie de ses salariés crée de l'adhésion.
On passe alors d’une politique RSE affichée… à une transformation visible.
Et ça, c’est rare.
Pour la transition écologique
On pense souvent que le vélo est un geste individuel. En réalité, c’est un levier beaucoup plus large.
Moins de voitures, c’est moins de bruit, moins de pollution, moins de tension dans l’espace public.
Mais c’est aussi plus de lien, plus de présence, plus de vie dans les villes.
Le vélo change la manière de se déplacer, mais aussi la manière d’habiter un territoire.
Équiper, c'est facile. Changer d'habitude, c'est compliqué.
Alors chez Velonomy, ils ne partent pas du vélo. Ils partent des gens.
De leurs peurs, leurs contraintes, leur quotidien.
Et ils construisent autour une expérience qui donne envie de recommencer.
Transcription du podcast Soif de Sens avec Grégoire Thiolon de Velonomy
Ce texte est une transcription du podcast Soif de Sens générée automatiquement par un logiciel. Des erreurs peuvent s'être glissées dans le texte.
Pierre Chevelle:
Comment le vélo change les vies et comment créer des cyclistes ?
Bienvenue dans Soif de Sens, l'émission podcast et YouTube qui t'aide à construire une vie et une société pleine de sens. Chaque semaine, je reçois un humain inspirant pour t'aider à incarner le changement. Aujourd'hui, on accueille Charles Thiolon de Velonomy, qui est partenaire de ce podcast, pour parler de comment on aide les gens et les entreprises à se mettre massivement au vélo. Quels sont les freins bullshit un peu en surface et les vrais freins en profondeur à se mettre en selle et les bénéfices inattendus à venir au boulot à vélo. Salut Charles!
Charles Thiolon:
Salut Pierre!
Pierre Chevelle:
Je te présente en 10 secondes, t'es passionné de vélo et cofondateur de Velonomy, une boîte familiale nantaise où vous accompagnez les entreprises et les collectivités dans leur mobilité et leur RSE, donc très concrètement. Vous équipez les salariés en vélo électrique, mais surtout vous les formez pour qu'ils sont en sécurité et même vous les accompagnez jusqu'à pédaler avec eux sur leur trajet de domicile travail la première fois, pas tous les jours évidemment, pour réellement changer leurs habitudes. Bref, votre but, ce n'est pas tant de louer des vélos que de créer des cyclistes, comme tu dis très joliment. Mais avant ça, on va revenir un peu sur ta quête de sens. Tu travailles dans l'informatique où tu savais que tu n'étais pas à ta place. Jusqu'au jour où, parce que tu es vraiment un gros, gros fan de voyages à vélo, tu décides de réaliser ton rêve, donc faire un énorme voyage de plusieurs mois à vélo. Tu as traversé les Alpes en mars en dormant sous la tente, puis la Russie et tu es revenu par l'Écosse, c'est ça?
Charles Thiolon:
Oui, exactement.
Pierre Chevelle:
Et tu racontes que le vélo a changé ta vie, justement. Est-ce que tu peux nous raconter?
Charles Thiolon:
Mais oui, avec plaisir. C'est vrai que le vélo, c'est devenu une passion et ces voyages m'ont vraiment fait, m'ont transporté un peu partout en Europe et ça m'a transporté aussi au quotidien. Et plus spécifiquement sur ce voyage-là, c'était un grand tour, 6 mois, 10 000 kilomètres, parti de Paris jusqu'à Athènes, jusqu'à
Pierre Chevelle:
Bon, t'es parti en bas de chez toi et go!
Charles Thiolon:
Je suis parti, oui. J'habitais à Paris à l'époque et effectivement, on allait Place Notre-Dame, qui est le point zéro, le point kilomètre zéro, voilà. Et là, il y a un petit comité de départ et je suis parti. J'étais avec un ami les quelques premières semaines. Et ensuite, voilà, direction Grèce, Kiev, Moscou, toute la Scandinavie. Donc, c'était assez extraordinaire, ouais. Grand voyage.
Pierre Chevelle:
Et tu me disais, pour toi, c'est vraiment le côté inattendu, au-delà des voyages à vélo, ce qui est trop beau et agréable souvent, c'est les rencontres, en fait, auxquelles on pense pas forcément, et au lien humain, tu dis, qui a changé ta vie.
Charles Thiolon:
Effectivement, c'est vrai que c'est ce que je retiens le plus de ce voyage, c'est les rencontres avec les gens, que ce soit d'autres voyageurs parfois à vélo, mais aussi très souvent des gens qui nous accueillent. Par exemple, en Bosnie à Sarajevo, Orage, quand je quitte la ville, Orage dans les montagnes et ce couple d'anciens qui m'accueillent dans la chambre de leur fils, on mange du bourret qu'ils ont fait à la maison. C'est des trucs comme ça. En Russie, cette fille qui m'amène chez ses parents et qui, finalement, me laisse chez eux et il parle ni un mot d'anglais, ni un mot de français. On a fait un bagna dans leur maison.
Pierre Chevelle:
C'est un plat?
Charles Thiolon:
Non, c'était un sonar russe.
Pierre Chevelle:
Ah, pardon, j'y étais pas du tout.
Charles Thiolon:
T'as fait un sonar russe? Je fais un sonar russe, je me retrouve... Je me retrouve avec le père de cette fille-là, on ne peut pas échanger un mot, il montre des vidéos de chasse. Je lui dis, oh là là, je suis où? Et en fait, c'est un ancien pilote pendant l'URSS et on a regardé un film ensemble franco-russe, Normandie-Yémen, quand des aviateurs français sont allés aider les Russes. Donc, assez en mangeant des cerises comme ça sur le canapé. Enfin, je veux dire, c'est un peu ça le voyage, beaucoup de souvenirs de rencontres.
Pierre Chevelle:
Génial. Donc à partir de là, ou même avant là, je pense que tu as multiplié les voyages au vélo dès que tu pouvais. Et du coup, tu réalises que tu veux bosser dans le vélo, parce qu'à l'époque, tu étais le seul sur 2500 salariés dans ton ancienne boîte à aller au travail à vélo. Et toi, c'était vraiment un énorme moment de plaisir où tu te dis Ouais, mais en fait, je ne suis pas obligé de prendre la voiture tous les matins et d'être frustré par les bouchons ou par un chauffard. Moi, je fais pareil pour aller au co-work tous les matins. Tu te sens libre, tu prends du plaisir, tu maîtrises mieux ton temps aussi, tu fais des économies. Bon, si vous habitez loin de votre travail, évidemment, t'as pas toujours le choix, mais par exemple, 60% des gens qui vivent à moins de 5 km de leur travail, ils vont en voiture. 5 km de son travail, c'est à peine 15 minutes en vélo électrique.
Pierre Chevelle:
Et donc, il y a 6 millions de personnes comme ça qui pourraient basculer de la voiture au vélo pour aller au travail. Donc si ce n'est pas du tout un truc qui te fait envie, il n'y a aucun souci. Mais il y a plein de gens qui ont envie, mais qui font face à énormément de freins. Parfois fondés, parfois un peu plus superficiels. Tu me disais, il y a plein d'arguments de surface. Je transporte des affaires, donc je ne peux pas. Si, en fait, tu as des sacoches sur le vélo. Je ne veux pas être mouillé.
Pierre Chevelle:
Moi, perso, le pantalon de pluie, ça a changé ma vie. Je dois déposer mes enfants à l'école. Il y a plein de parents maintenant qui ont des vélos longtail, des vélos cargo. Bref, à part la distance où c'est trop loin ou le confort de la voiture qu'on peut tout à fait préférer, c'est quoi pour toi le vrai frein numéro un que t'observe des gens à venir au boulot à vélo, derrière les freins un peu de façade?
Charles Thiolon:
Mais oui, moi, c'est ce que j'appelle l'iceberg du vélo. Il y a tout ce que les salariés vont dire en surface, c'est ce qu'on voit. Mais en réalité, un iceberg, ce à quoi il faut faire attention, c'est quand on est en bateau, c'est ce qu'il y a en dessous. Et en fait, c'est là où sont les vrais sujets. Et donc, les freins que tu as évoqués sont des freins qui paraissent légitimes. Quand on les évoque comme ça, c'est souvent ce que les salariés vont partager souvent dans les questionnaires. mais c'est pas des freins sur lesquels on peut vraiment travailler directement et c'est pas ça qui fait la différence. Les vrais freins, c'est plutôt la peur en fait que peuvent avoir beaucoup de gens qui n'ont jamais testé, qui n'ont jamais expérimenté le vélo.
Charles Thiolon:
Donc j'ai jamais pris... J'ai jamais pris mon vélo pour faire mon travail de domicile-travail. Déjà, tout simplement. Donc, ça m'a l'air dangereux. Là où je passe en voiture, ce serait impossible de voir des vélos. Parfois, j'en vois les malheureux. Qu'est-ce que c'est quoi? Comment ça se passe pour eux? C'est tout ça. Et en fait, c'est vraiment cette expérience-là qu'ils n'ont pas eue.
Charles Thiolon:
Il n'y a pas... C'est ça qui fait la différence. Si je vis une expérience positive aujourd'hui, changer de mobilité, donc laisser sa voiture au garage, c'est une vraie transition. Et pour faire une transition aussi forte, il faut vivre une expérience positive, tu vois. Et donc, cette expérience-là, C'est ça qui va déclencher vraiment le passage à l'axe. Et est-ce que je peux vivre une expérience comme ça? Donc, mon trajet domicile travail, de la sécurité, me sentir en confiance sur la route. Voilà, c'est ça les leviers avec lesquels on va pouvoir travailler pour convaincre, pour faire passer des... des gens à vélo.
Pierre Chevelle:
Tu me disais, les trois quarts des salariés que vous accompagnez, en fait, c'est des femmes. Et c'est sûr que les femmes ont un rapport à l'espace public hyper différent du fait de notre société patriarcale. Et donc, la peur, ça peut être aussi la peur de se faire agresser. Ça peut être la peur de se faire voler son vélo. Le rapport à l'espace public est hyper différent.
Charles Thiolon:
Oui, c'est vrai. Et en fait, moi, ce que ça m'inspire, ça, c'est je me dis bon, du coup, probablement, si on veut du changement, il faut peut-être plutôt s'appuyer sur les femmes. Du coup, c'est ce que je partage parfois. Je me dis, peut-être vos premiers ambassadeurs, c'est sûrement des ambassadrices dans votre entreprise pour amener le changement, quoi.
Pierre Chevelle:
Et puis aussi, c'est pas facile, surtout en entreprise, de dire que t'as peur. T'en as aussi qui ont peur d'être ridicule en fait, face à tes collègues, ton patron ou tes collaborateurs inférieurs, si t'es manager ou quoi.
Charles Thiolon:
Ouais, super intéressant que tu soulèves ça, parce que dans un milieu professionnel, on n'est pas dans un milieu personnel. On ne dit pas tout ce qu'on pense. Il y a des règles à respecter. Il y a une image à garder de soi. Et en fait, moi, je vois beaucoup de gens qui ne veulent même pas essayer un vélo, parce qu'il y a beaucoup de gens qui n'ont pas essayé de vélo électrique aujourd'hui. Et en fait, c'est une des réponses super intéressantes. Et en fait, parce qu'eux, ils ont peur du ridicule. Ils ont peur de tomber, de se tromper.
Charles Thiolon:
La peur de se tromper est vraiment forte. Et donc, elle s'applique aussi dans ce cas-là.
Pierre Chevelle:
Très intéressant. Il y a un deuxième gros frein, c'est ce truc presque identitaire de la voiture, où toute la société est construite autour de ce mode de locomotion, j'allais dire, ça se dit?
Charles Thiolon:
Oui, ça se dit.
Pierre Chevelle:
Ce mode de transport. C'est le choix par défaut, la voiture. Et tu me disais, tu as ce paradoxe où il y a plein d'automobilistes qui n'ont jamais envisagé d'aller au travail à vélo. parce que ce n'est pas hyper ancré dans notre culture encore pour l'instant, par rapport à d'autres pays. Mais quand tu leur demandes comment se passe leur trajet quotidien pour aller au taf le matin et le soir, ils te disent que c'est l'enfer en fait.
Charles Thiolon:
Oui, très intéressant parce que c'est justement à double sens, c'est-à-dire que les personnes qu'on interroge ont tendance à dire que c'est OK, parce qu'il y a vraiment un biais assez fort de confirmation. Si je ne peux pas me mettre trop en défaut avec moi-même, donc ils ne vont pas forcément nous dire. Mais nous, on leur dit, mais il y a bien des bouchons, parce que nous, on n'est pas... On est basé à Nantes, on intervient un peu partout, mais à Nantes particulièrement, il y a des bouchons énormes. Donc, on leur dit, mais attendez, là, par exemple, sur ce pont-là, il y a des bouchons énormes. Oui, oui, c'est vrai. Donc, vous avez une demi-heure à une heure de bouchons. Oui, oui.
Charles Thiolon:
Et donc, on est fini par leur faire dire, bah oui, c'est quand même vraiment pas agréable. Et donc, effectivement, il y a quand même quelque chose qui... En fait, pour moi, c'est déjà un lapeur du changement. Comme tu dis, il y a un statut aussi qui vient avec la voiture, notamment dans notre métier de vélo de fonction. Le statut de la voiture de fonction est encore assez ancré, parce que c'est un avantage en nature qui est très fort et qui donne aussi une stature à la personne qui en a droit. Exactement. Il n'y en a pas tant, mais il y en a quand même un certain nombre. Et puis, ça donne une prestance ou une stature.
Charles Thiolon:
Et c'est vrai que ça fait partie des freins, je pense, qui ralentissent. Entre autres, cette transition vers une mobilité urbaine qui se passe de voiture, en fait.
Pierre Chevelle:
Écoutez vos collègues ou vous-même, juste pour voir s'ils se plaignent beaucoup ou pas, peut-être, de leur trajet en voiture. Ça serait rigolo. Et donc toi, après t'être converti dans l'industrie du vélo avec plusieurs expériences, t'as fini par lancer Velonomy avec ton frère pour mettre un maximum de gens sur des vélos. On sait que les trajets de domicile-travail, ça représente jusqu'à 30% de l'empreinte carbone d'une entreprise. Et donc vous accompagnez plein d'entreprises qui veulent s'engager davantage dans la transition écologique et faciliter le passage des salariés au vélo. Pour ça, vous avez trois activités. La première qui est assez classique, vous proposez des vélos électriques aux entreprises. Il y a plein de dispositifs qu'on ne va pas détailler, mais voilà, deux vélos de fonction, deux vélos de service, deux vélos partagés, soit à l'allocation, soit à la vente.
Pierre Chevelle:
Mais très vite, vous vous rendez compte que pour créer un cycliste, il ne suffit pas d'avoir un vélo. Ce n'est pas parce que tu as un vélo que déjà tu vas monter dessus, et encore moins que tu es forcément un cycliste averti.
Charles Thiolon:
Absolument.
Pierre Chevelle:
Et c'est pour ça que vous êtes spécialisé sur cette deuxième activité, la formation. Tu peux nous en dire plus?
Charles Thiolon:
Oui, tout à fait, avec grand plaisir. En fait, on se rend compte quand même que le vélo ne fait pas le cycliste, qu'un cycliste, c'est quelqu'un qui se déplace en sécurité, quelqu'un qui est conscient de son environnement. Et aujourd'hui, on voit qu'on touche des limites. Pourtant, la part modal vélo n'est pas si importante que ça. On frôle peut-être les 4% au maximum aujourd'hui. Donc, ce n'est quand même pas énorme, mais on voit très bien le besoin d'accompagnement qu'il y a pour avoir des cyclistes. Donc, nous, on va bien au-delà de simplement mettre un vélo, on va accompagner sur tout ce volet il y a un volet sécurité, confiance du cycliste qui donne de la sécurité. Donc à travers des formations qui vont être des formations théoriques, mais aussi des formations pratiques.
Charles Thiolon:
L'idée, c'est évidemment à la fois de connaître son environnement, de maîtriser bien son vélo et aussi de maîtriser bien son vélo dans cet environnement urbain. qu'on pourrait dire, d'aucuns diraient, une jungle urbaine. Et c'est vrai que parfois, on peut avoir ce sentiment-là, parce qu'il y a plein d'engins de déplacement aujourd'hui, de voitures. Et comment se repérer? Donc, on met un accent qui est vraiment fort sur cette partie d'accompagnement-là.
Pierre Chevelle:
Puis, conduire un vélo ou conduire une voiture, en fait, ça n'a rien à voir. Et ce n'est même pas les mêmes obligations légales, en fait.
Charles Thiolon:
Eh bien, ce n'est pas les mêmes obligations légales. On suit un code de la route commun, mais on a un code de la route vélo qui est supplémentaire. Je pense par exemple à ce panneau, ce fameux panneau M12, qui est le nom technique du panneau qui nous permet de passer au feu rouge, en cédant évidemment la priorité, je le rappelle.
Pierre Chevelle:
C'est les tout petits panneaux, mais c'est surtout dans la grande ville.
Charles Thiolon:
C'est ça, exactement. Et donc, on suit quand même un code de la route qui est fondamentalement commun, avec quelques exceptions. Et donc, nous, on s'est aussi formés. En fait, il y a un certificat de qualification professionnelle pour accompagner les cyclistes et l'entreprise à mettre en place des règles.
Pierre Chevelle:
Donc il y a le côté sécurité, mais il y a aussi comprendre les frais et les motivations de chacun. Parce qu'en fait, même si ta boîte a fourni des vélos à tout le monde, mais que les gens sont convaincus que c'est trop dangereux ou que ce n'est pas pour eux ou qu'ils vont être trempés alors qu'en fait, tu pourrais leur fournir un équipement adapté. il y a quand même tout cet aspect-là à prendre en compte. Et du coup, vous formez autant des boîtes qui ont déjà des flottes de vélos, mais qui ne sont pas accompagnées, des boîtes qui ont déjà plein de cyclistes parmi leurs salariés, mais peut-être la RH veut qu'ils soient formés pour éviter des accidents de trajet. Et surtout, vous mettez les gens en pratique. Vous ne restez pas dans la théorie et vous allez faire tester aux salariés. OK, vas-y, monte sur un vélo électrique pour déjà ressentir que ça ne se conduit pas tout à fait comme un vélo normal, c'est un peu plus lourd.
Charles Thiolon:
Oui, absolument. En fait, nous, on croit profondément que la formation, elle ne peut pas se résumer aujourd'hui à du e-learning, par exemple. On peut apprendre qu'est-ce que c'est le code de la route en e-learning, très bien. Mais en fait, il vaut mieux avoir une vraie pratique, donc une vraie pratique urbaine concrète. Et donc aussi, faire une politique vélo sans prendre en compte, c'est à la fois le vélo, il faut voir que c'est à la fois quelque chose d'assez collectif dans l'espace urbain. C'est quoi le vélo? On dit le vélo de manière générale, mais c'est une expérience très personnelle. Donc, une entreprise a pu déjà déployer des vélos, mais se rendre compte que finalement, l'impact n'est pas exactement celui qu'ils attendaient. parce que, justement, il y a des besoins d'accompagnement personnel au sein même de leurs salariés.
Charles Thiolon:
C'est important de le prendre en compte. L'expérience, elle est très personnelle. Chacun habite à des lieux différents. Chacun va prendre des trajets de domicile-travail différents. Et pour moi, un projet vélo qui est réussi, c'est un projet vélo qui arrive à la fois à faire du collectif, donc à trouver un modèle de fonctionnement. Par exemple, je mets du vélo de fonction ou des vélos de service partagés, etc. Collectif, mais aussi qui arrive à individuellement accompagner les salariés.
Pierre Chevelle:
Et puis en testant aussi en IRL, il y en a plein qui peuvent se rendre compte par exemple. Ah ouais, mais en fait, ça peut aller plus vite que ce que j'imaginais sans forcément que j'arrive tout transpirant au travail. Et je n'avais pas forcément envisagé, mais en fait, peut-être pour moi qui habite à 5-10 kilomètres, en fait, c'est faisable.
Charles Thiolon:
Exactement. Et c'est pour ça, en fait, qu'on a développé un programme qui est assez unique, qu'on appelle le programme Ambassadeur. C'est un programme où on va prendre des salariés, les former et les accompagner tout au long de, on va dire, souvent, ça dure de trois à six mois. On forme les salariés, on les équipe d'un vélo, donc avec sacoche, avec tous les éléments de sécurité. on crée leur trajet domicile-travail et on les accompagne sur leur trajet. Et ensuite, ils ont le vélo entre 3 et 6 mois, ils peuvent tester. Et là, on voit qu'à la fin de ce test-là, nous, on les suit. Donc, on envoie des questionnaires réguliers, on fait un appel avec eux.
Charles Thiolon:
Et donc, on analyse et on transmet ces informations à l'entreprise pour dire quelle est l'expérience que ces salariés vivent. Et à la fin, on voit qu'il y a neuf personnes sur dix qui continuent à vélo, en fait. Donc... Neuf sur dix? Ouais, exactement. Donc, c'est assez dingue, en fait. On voit que c'est simple... Enfin, c'est simplement... C'est pas si simple, en fait.
Charles Thiolon:
Mais c'est cet accompagnement-là, cet ensemble de collectifs et d'individuels qui transforment l'expérience des salariés, qui leur permet d'imaginer que c'est possible. Et ça, en leur demandant sur un questionnaire, est-ce que vous voulez passer à vélo? Bon, attends, on aurait neuf sur dix qui auraient dit non. Voilà.
Pierre Chevelle:
Effectivement, c'est ça. Ce programme ambassadeur, c'est votre dernière activité qui réunit les deux premières de fournir des vélos et de former les gens. Vous allez vraiment cibler 3, 5, 10 salariés, ça dépend volontairement d'une entreprise qui a envie de venir au travail à vélo et les accompagner dans la durée. Proposez le bon vélo à la bonne personne parce que si tu as des enfants, si tu as mal au dos, si tu es hyper sportif, vous allez cibler 2, 3, 4, 5 modèles précis pour cette personne en particulier. Et tu l'as dit derrière, donc les suivre dans la durée. Et moi, ce qui me marque le plus, c'est effectivement le fait d'aider les gens à définir leur trajet domicile-travail. Parce qu'il y en a plein qui sont là, OK, en fait, si je prends la même quatre voies qu'en voiture, ça ne va pas le faire. Alors que si tu passes par une voie verte, où moi, ma chérie voyait un héron tous les matins sur son trajet, mais tous les soirs, elle avait des étoiles dans les yeux parce que ta journée, elle a trop bien commencé.
Pierre Chevelle:
Et ce que je trouve trop bien, c'est que vous allez au bout de la démarche pour montrer que la théorie, ça a ses limites. Vous faites un premier trajet avec chaque salarié. Et pour moi, c'est là où ta punchline prend tout son sens. On n'est pas des loueurs de vélo, on est plutôt des créateurs de cyclistes. Tu peux nous en parler plus de la magie de ce premier trajet à vélo des gens que vous accompagnez?
Charles Thiolon:
Mais oui, avec plaisir. C'est vrai qu'on l'a fait, en fait, assez naturellement au début. Et ce qui est intéressant, c'est qu'au tout début de l'entreprise, je n'avais pas imaginé qu'il y avait besoin de formation. La formation vélo n'était pas du tout un sujet. Parce que toi, t'es tellement fan de vélo que... Parce que j'étais tellement fan, j'étais tellement dedans que je ne me disais pas qu'il y a un besoin de former, d'accompagner. Je me disais, il y a un besoin d'équiper. Et en fait, ce besoin d'équiper se transformait en besoin d'autres.
Charles Thiolon:
D'accord, équiper, oui, c'est pertinent, mais accompagner. Et donc, on s'est rendu compte aussi que choisir le bon itinéraire, et ça, moi, c'est quelque chose que j'ai fait des centaines ou des milliers de fois pendant mes voyages sur des cartes ou sur des téléphones, etc. Et bien, choisir le bon itinéraire, c'est vraiment nécessaire. Alors moi, j'ai un truc qui me revient en tête, mais c'est pareil. en Russie, enfin dans les Balkans, mais là, par exemple, en Russie, sur des routes, ils conduisent, mais comme des fous furieux. Donc, en fait, c'était une sortie de cimenterie avec des camions qui sortaient à la chaîne de la cimenterie. J'ai très vite compris qu'il fallait choisir un meilleur itinéraire, quoi. Donc, voilà, cette métaphore, elle peut parler.
Charles Thiolon:
Enfin, c'est pas une métaphore, c'est une histoire vraie, mais c'est la même chose en ville. Prendre le bon itinéraire en ville, en péril urbain et même en rural, parce qu'il y a plein d'itinéraires possibles en rural, en milieu rural et... prendre le bon itinéraire, c'est vraiment la clé. Et il faut prendre... En fait, c'est à la fois un ratio entre la distance et pas trop longue, mais on peut faire des détours. Je me sens en sécurité et je prends du plaisir. Parce que voir un héros sur ce trajet ou voir cette arme et ce petit écureuil régulièrement, ça fait... En fait, ça paraît presque bête.
Charles Thiolon:
Et moi, je me sens parfois presque bête en parlant de ça, mais ça fait partie des plaisirs du vélo et c'est quelque chose qui donne envie de reproduire l'expérience. Donc, le bon itinéraire, c'est fondamental.
Pierre Chevelle:
Oui, du coup, truc tout bête, mais déjà passer par des applis comme GeoVélo plutôt que Google Maps ou Waze. Et effectivement, identifier si toi, t'as plus envie d'aller le plus vite possible au travail ou d'être au max en sécurité, ou effectivement de passer par des endroits un peu plus verts et profiter plus.
Charles Thiolon:
Oui, complètement. Déjà, on oublie Google Maps et on prend GeoVélo. C'est ce que je dis à tout le monde. Il y a encore beaucoup de gens qui ne connaissent pas cette application, qui est super.
Pierre Chevelle:
Vous m'avez même en ville pour le trajet, moi je l'utilise très souvent. Aujourd'hui, vous avez aidé 800 personnes à se remettre en selle, que ce soit des salariés du Crédit Agricole, des infirmières, des ouvriers, etc. Vous avez équipé ou formé une soixantaine d'entreprises et vous proposez des vélos, surtout dans le Grand Ouest. Par contre, vous formez des gens dans toute la France, jusqu'aux salariés du Ministère de l'Agriculture, il n'y a pas longtemps. Et en fait, il y a plein d'avantages cachés à se mettre au vélo pour aller au taf. Je vous en donne trois en vrac. Le coût d'une voiture, c'est estimé à 5000-6000 euros par an. Donc forcément, si tu remplaces par un vélo électrique sur une partie des trajets, ça n'a même pas besoin d'être tous les jours, tu peux facilement économiser 1000, 2000, 3000, 4000 euros par an.
Pierre Chevelle:
Vous avez des salariés qui revendent leur deuxième voiture, par exemple. Deux, aller au travail en vélo, c'est deux fois moins de risques de cancer et de maladies cardiaques par rapport à la voiture. C'est énorme. Et trois, pour les entreprises, évidemment, un salarié qui arrive dans de bonnes conditions au travail, c'est un salarié qui bosse mieux et qui reste plus longtemps. Est-ce que tu as des anecdotes à nous raconter sur l'impact que Velonomy a pu avoir?
Charles Thiolon:
Oui, oui, oui, bien sûr. Donc, on a fait passer pas mal de monde. Il y a plein d'anecdotes qui me viennent en tête, mais moi, je retiens beaucoup les retours sur l'énergie qui revient. Une personne qui nous confiait que ça faisait trois mois qu'elle était sur un test, un programme ambassadeur. Et en fait, l'énergie qu'elle avait retrouvée grâce au vélo lui avait permis de se remettre au sport. Elle se sentait beaucoup mieux.
Pierre Chevelle:
Ça te donne de l'énergie.
Charles Thiolon:
Oui, ça donne de l'énergie.
Pierre Chevelle:
Parce qu'on pense que ça t'en prendrait, en fait. Eh oui.
Charles Thiolon:
En fait, non, ça donne énergie parce qu'on est dehors, pour moi, parce qu'il y a un lien, il y a une connexion qui nous refait du bien. Donc, dans une voiture, on peut trouver un certain confort et une habitude qui est agréable.
Pierre Chevelle:
Tu te mets... Enfin, c'est du sport aussi, donc tu te mets en mouvement.
Charles Thiolon:
Et on se met en mouvement, effectivement. Je veux dire, nous, on met beaucoup de vélo électrique, c'est majoritairement ça. Mais pour autant, on est en mouvement, on bouge, on est dynamique. Et ça, ça vient redonner quelque chose. Et moi, je pense, par exemple, à cette salariée qui a un peu plus de 50 ans, entre 50 et 60 ans. Ça fait 25 ans qu'elle travaille dans son entreprise. Elle habite à moins de 4 kilomètres de son entreprise. Et en fait, dans le cadre d'un programme ambassadeur, elle a accepté de tester, de jouer le jeu, de voir si elle pouvait passer à vélo.
Charles Thiolon:
Et en fait, c'est moi qui l'ai formé. Et au début, je n'étais pas très serein à venir, mais ça fait longtemps qu'elle ne fait pas de vélo, en fait.
Pierre Chevelle:
Ok, donc tu me disais au début, elle tremblait sur son vélo.
Charles Thiolon:
Ouais, voilà, parce qu'en fait, des personnes qui n'ont pas fait de vélo depuis longtemps, il y a une question d'équilibre. Il y a une question d'équilibre sur le vélo. Comment je reste? Je vais assez vite, pas trop vite non plus, parce que là, d'un coup, je perds le contrôle. Donc, c'est un vrai métier de former. L'accompagnement se passe super bien. Et après, après trois mois ou quatre mois, elle avait fait 1500 kilomètres. On n'a eu personne qui avait fait autant de kilomètres à vélo. Elle fait un nombre d'aller-retour incroyable.
Charles Thiolon:
Donc, ça, c'est le genre de truc, je dis, mais... Ok, je n'aurais pas parié là-dessus non plus. Quasiment 60 ans, 25 ans de boîte et des habitudes de voiture ultra ancrées, même en centre-ville. En fait, la bonne méthodologie, bien penser, organiser, la formation, l'accompagnement individuel au milieu d'un accompagnement collectif, en fait, si, ça fonctionne.
Pierre Chevelle:
C'est tellement un vecteur de liberté, d'épanouissement et de plaisir au quotidien que Je pense que t'as des gens, il y a juste besoin d'allumer la mèche et derrière, c'est Speedy Gonzales, quoi.
Charles Thiolon:
Mais oui, exactement. Et c'est ça la clé. C'est ça la clé, je pense, dans les entreprises. On va se dire non, mais moi, c'est peut-être pas possible de ça. En fait, c'est qu'il faut repenser. Il faut repenser ce qu'on veut faire, repenser comment on veut le faire.
Pierre Chevelle:
Pourquoi, toi, ça te tient à cœur de faire tout ça, Charles?
Charles Thiolon:
Moi, ça me tient à cœur. J'avais envie de monter une entreprise depuis très longtemps et j'avais besoin de sens dans ce que je faisais. Ce n'est pas une question que je me pose, c'est un truc qui est là et je ne peux pas faire autrement. Donc, ça tombe bien, on est en soif de sens. Moi, j'ai soif de sens complètement. Et en fait, le vélo, pour moi, c'est énormément de choses. On parle de tous ces bienfaits au quotidien, d'accord, mais c'est aussi beaucoup de liens. Moi, le vélo, je pense que c'est énormément de liens humains et de liens sociaux aussi.
Charles Thiolon:
Et c'est quelque chose que je veux voir dans la société ou dans le monde de demain, au cœur, en fait, de notre mobilité. Et Elias parle évidemment de mobilité urbaine, périurbaine, mais ça n'exclut pas du tout la mobilité rurale, où on s'aperçoit qu'il y a quand même beaucoup de déplacements qui sont de moins de trois kilomètres dans certaines zones, etc. Donc, ça crée aussi du lien de se déplacer à vélo. Et moi, je crois dans une société de lien.
Pierre Chevelle:
Oui, je me suis aussi créé une société plus apaisée, plus douce, décarbonée aussi, évidemment.
Charles Thiolon:
Bien sûr. En fait, moi, je rêve de vivre dans une ville où on n'a pas peur en traversant la route. Donc, en fait, une ville où on se réapproprie l'espace urbain. où on peut jouer... Les enfants peuvent jouer dans l'espace urbain comme ils le faisaient avant. On voit aujourd'hui qu'il y a quand même... Voilà, on a de plus en plus peur. Il y a moins d'appropriation de cet espace-là.
Charles Thiolon:
Et la voiture prend une place énorme. Donc voilà, ce vélo-là, pour moi, c'est une vraie solution pour se réapproprier l'espace, pour prendre du plaisir, tout simplement, et avoir une ville qui est ultra agréable, en fait. C'est aussi simple que ça, quoi. C'est juste... du plaisir.
Pierre Chevelle:
Et puis sortir de chez soi.
Charles Thiolon:
Sortir de chez soi, ouais.
Pierre Chevelle:
Parce qu'en fait, quand t'es en voiture, t'es encore dans un intérieur quelque part et on passe toute notre journée en intérieur. Alors on l'a vu, le vélo, c'est un peu d'écologie, mais surtout beaucoup d'autres choses, de l'empowerment, une ville apaisée, low-tech qui respire, des économies aussi. Est-ce que tu auras un mot pour les dirigeants d'entreprises, les respos RSE ou les salariés qui ont envie que leur boîte mette ça en place chez eux?
Charles Thiolon:
Oui, j'ai même plusieurs mots, c'est clair. Non, mais j'ai déjà à leur dire que changer de mobilité, c'est vraiment un changement de transition, c'est profond. On est des humains, donc on ne change pas facilement. Et pour changer, il faut vivre une expérience réussie. Et donc ça, ça me paraît très important de penser ça. Et ce que je veux partager, c'est dire aussi, et puisque nous, on est très focalisés sur comment est-ce que l'entreprise s'adapte au monde de demain et en termes de mobilité, c'est impliquer les dirigeants, impliquer les directions. Les projets, se feront que difficilement et pas très bien si les dirigeants eux-mêmes ne s'impliquent pas. Donc vous, en tant que responsable RSE, en tant que chargé de mission RH, parfois, ce n'est pas votre métier, mais parfois, c'est votre envie de développer la mobilité.
Charles Thiolon:
J'en vois beaucoup. C'est Allez chercher vos dirigeants, allez chercher vos directions pour les embarquer avec vous, en fait. Donc, je crois que c'est vraiment une clé vraiment importante à avoir en tête.
Pierre Chevelle:
Et t'aurais un mot pour ceux qui sont du coup salariés, qui peut-être viennent déjà à vélo, mais qui auraient envie que leur boîte propose... des vélos de fonction, ou qui justement n'ont pas encore franchi le pas et aimeraient bien que leur boîte mette en place un programme, qui est-ce qu'eux doivent aller chercher dans leur boîte pour leur dire, regarde cette interview sur Soft200, ce serait cool qu'on mette ça en place dans notre boîte.
Charles Thiolon:
En fait, souvent, ça se passe en... Il y en a certains qui envoient des messages à leurs dirigeants directement, en mode, j'aimerais beaucoup vivre ça, ça a l'air top. D'autres nous écrivent aussi en disant, comment est-ce que je pourrais faire pour le développer? Et nous, on a des ressources à leur partager, des façons de faire. C'est vraiment une organisation. Donc, n'hésitez pas à nous écrire, à écrire à votre dirigeant. C'est souvent les... il est plus à même de déclencher ses projets, ses actions.
Pierre Chevelle:
Merci beaucoup Charles. J'étais ravi de faire ce podcast en partenariat avec vous. Et voilà, si vous voulez que Vélonomy vous aide à mettre vos salariés à vélo, et bien rendez-vous sur velonomy.com.
Ciao tout le monde. Ciao Charles. A dimanche prochain.