Marion Graeffly : Comment Telecoop hacke les télécoms

On passe en moyenne 3 à 4 heures par jour sur notre smartphone. C'est l'objet le plus intime de nos vies, et pourtant, on a très peu de pouvoir dessus. Entre les forfaits "illimités" qui nous poussent à la surconsommation de données et l'obsolescence programmée qui vide nos poches, le système est cassé. Marion Graeffly a décidé de s'y attaquer de l'intérieur en co-fondant le premier opérateur mobile d'intérêt général : la coopérative Telecoop.


Qui est Marion Graeffly, la co-fondatrice de Telecoop qui prône la sobriété numérique ?

Du marketing chez M&M's à l'économie sociale et solidaire

Avant de lancer Telecoop, Marion a connu les rouages du marketing traditionnel. Et puis elle en a eu ras-le-bol de vendre des M&M's. Et a décidé de mettre ses compétences au service de l'intérêt général et cofondé la coopérative Telecoop. Leur but ? Sortir de notre inaction et reprendre le pouvoir sur nos téléphones. Aujourd'hui, la technologie est une machine à créer de la dépendance et de la pollution. Son combat n'est pas contre le numérique, mais pour un numérique qui nous rend plus libres.


80 % de l'impact environnemental d'un téléphone vient de sa fabrication.

Pour Marion, l'écologie numérique commence par la sobriété. Nous devons garder nos téléphones le plus longtemps possible et n'utiliser que les données dont nous avons réellement besoin. Pas intuitif dans un monde qui veut nous vendre un nouveau modèle chaque année avec forfait illimité.




Telecoop : Plus qu'un opérateur, un projet politique et coopératif

Loin des multinationales des télécoms où ton forfait enrichit un milliardaire, Telecoop est une coopérative. Cela signifie que si tu es client, tu peux aussi devenir sociétaire. Tu as le droit de vote, tu peux décider de la stratégie et vérifier où va l'argent. C'est une réappropriation démocratique d'un service devenu essentiel.


Comment fonctionne la facturation au Go réel ?

C'est ici que Telecoop hacke le système. Les opérateurs classiques te vendent 100 Go ou 200 Go pour t'inciter à consommer toujours plus de vidéos et de réseaux sociaux. Telecoop fait l'inverse : tu paies un abonnement de base, puis uniquement ce que tu consommes réellement. Si tu consommes peu, ta facture baisse !

C'est le seul opérateur au monde dont la mission est que tu utilises moins ses services.


Pourquoi Telecoop est l'alternative la plus crédible aujourd'hui

En utilisant le réseau Orange (réputé pour être le meilleur réseau), Telecoop garantit une qualité technique irréprochable tout en finançant la transition écologique. Ils font partie des "Licoornes", ce réseau de coopératives (comme Enercoop ou Mobicoop) qui construisent une économie capable de résister aux chocs à venir.


Les Licoornes : quand les citoyens reprennent les clés de l'économie

Telecoop ne boxe pas seul. En faisant partie des "Licoornes", l'enjeu n'est plus de "consommer vert" chez un géant du CAC40, mais de posséder collectivement nos outils de production. Choisir Telecoop, c'est voter chaque mois pour un modèle où l'humain et la planète passent avant les dividendes.


La transparence financière de Telecoop

J'ai découvert que Telecoop publie ses comptes de manière ultra-détaillée. On sait exactement quelle part de notre abonnement sert à payer le réseau, quelle part va aux salaires et quelle part sert à l'aide à la réparation des téléphones. La transparence créé la confiance.



Telecoop : 3 questions sur la téléphonie éthique ?


Pourquoi choisir un opérateur mobile coopératif ?

Choisir une coopérative permet de reprendre le pouvoir sur la gestion de ses données et de garantir que les bénéfices sont réinvestis dans la transition écologique. Contrairement aux opérateurs classiques, le client est aussi copropriétaire et décide des orientations sociales de l'entreprise.


Quel est l'impact écologique de la 5G et des forfaits illimités ?

La 5G et l'illimité poussent à une augmentation massive du trafic de données, ce qui nécessite des infrastructures toujours plus énergivores et le renouvellement prématuré des smartphones. La sobriété numérique consiste à limiter cet usage pour réduire l'extraction de métaux rares et les émissions de CO2.


Comment Telecoop lutte contre l'obsolescence programmée ?

Telecoop propose des tarifs préférentiels sur la réparation des téléphones et encourage ses membres à garder leurs appareils le plus longtemps possible. L'opérateur refuse de subventionner l'achat de smartphones neufs pour casser le cycle de renouvellement forcé tous les deux ans.


Si tu en as marre de financer des multinationales qui exploitent tes données et la planète, tu peux changer de camp en 5 minutes sur le site de Telecoop. Tu gardes ton numéro et c'est hyper simple. Pour aller plus loin, écoute mon interview avec Marion Graeffly !

Transcription du podcast Soif de Sens avec Marion Graeffly de Telecoop

Ce texte est une transcription du podcast Soif de Sens générée automatiquement par un logiciel. Des erreurs peuvent s'être glissées dans le texte. Il est notamment fréquent que la fin d'une phrase soit coupée et apparaisse au début de l'intervention suivante.

Comprendre l'impact écologique et invisible du numérique

Pierre Chevelle:
On passe 3 à 4 heures par jour sur notre téléphone en moyenne. Pourtant, même si tu es très écolo, je suis sûr que tu n'as jamais entendu parler de ce truc pour rendre ton téléphone plus éthique en 5 minutes. Bienvenue dans Soif de Sens, l'émission qui t'aide à construire une vie et une société pleine de sens. Chaque semaine, je reçois un humain inspirant pour t'aider à incarner le changement. Et aujourd'hui, on accueille Marion Gréfli de la coopérative Télécoop, qui qui est partenaire de cet épisode, pour parler de comment sortir d'une société où la techno pollue démesurément et nous pousse à surconsommer et nous rend accro et isolé, pour au contraire construire une histoire commune du numérique plus éthique où l'on reprend le pouvoir sur la techno, où elle nous rend plus libre comme l'imaginaient les créateurs d'internet. Salut Marion!

Marion Graeffly:
Salut Pierre!

Pierre Chevelle:
Je te présente en 10 secondes, tu es cofondatrice de Télécoop, un opérateur téléphonique d'intérêt général c'est très mystérieux, qui redonne le pouvoir aux citoyens sur le numérique. Alors parenthèse, personne dit qu'il faut arrêter le numérique. Oui, pouvoir téléphoner, avoir accès à internet aujourd'hui, c'est devenu un besoin essentiel. Mais voilà, on va en parler, les impacts du numérique écolo ou sociaux, voilà, sont énormes, polluants, croissants et assez flippants. Donc il y a une vraie question de comment réduire notre impact, mais aussi pas juste réduire, bah, imaginer un autre numérique. Pour commencer, il y a notamment 3 gros problèmes liés au numérique. Le premier, c'est l'impact du numérique. On a souvent l'impression que le numérique, c'est abstrait.

Pierre Chevelle:
Normal, parce que c'est virtuel, digital, en tout cas sur nos écrans, tout est dans le cloud. Mais non, pour fabriquer nos téléphones, il faut extraire des minerais des quatre coins de la planète. Donc même si on le voit pas au quotidien, c'est très concret. Par exemple, 80% de l'empreinte environnementale d'un portable, c'est C'est lié juste à sa fabrication, sachant que chaque année on en vend 1,4 milliard de smartphones. Donc on se rend vite compte de la pollution énorme et de l'épuisement des minerais cachés derrière. Est-ce que tu peux nous en dire plus, Marion, sur l'impact du numérique qui est vachement intangible et qu'on a du mal à mesurer parce qu'on le voit pas au quotidien?

Marion Graeffly:
Ben oui, bien sûr. En fait, pour vraiment poser le cadre, je pense qu'il est important c'est déjà de comprendre l'impact en termes de gaz à effet de serre. Donc le numérique, c'est 4% des gaz à effet de serre au niveau mondial et ça pourrait passer à 8 d'ici à 2025. 2025, c'est l'année prochaine. Mais globalement, ce qu'il faut retenir, c'est que l'impact environnemental du numérique, il augmente de manière très importante et très significative à un moment où en fait le numérique devait servir à décarboner et participer à décarboner notre activité. Donc, oups, comme tu dis.

Les enjeux de la surconsommation de données et de la 5G

Pierre Chevelle:
Effectivement, le deuxième problème du numérique après la fabrication, c'est la surconsommation. Voilà, à nouveau, si vous regardez cette interview sur YouTube, elle part sûrement d'un data center gigantesque, puis est acheminée par des kilomètres de câbles qui qui parfois traversent les continents et les océans. On sait qu'on n'a pas des ressources illimitées en énergie et pourtant on fait comme si. On lance la 5G alors que ses bénéfices ne sont pas prouvés et qu'il y a plein d'endroits à la campagne où il n'y a toujours pas la 4G ou la fibre. Donc en termes de fracture numérique, c'est pas ouf. On nous pousse à consommer comme si on avait des ressources illimitées, sauf que c'est pas le cas. Tu peux nous parler du fait que tôt ou tard, on va devoir apprendre à être sobre numériquement? Faute de ressources.

Marion Graeffly:
Ouais, en fait on s'est lancé dans une espèce de course à la consommation, notamment sur le numérique, parce qu'on a vraiment cette impression quelque part que ça va nous sauver, enfin que ça va résoudre tous les problèmes du réchauffement climatique. On fait beaucoup confiance au numérique, on.

Pierre Chevelle:
Va trouver des solutions, mais on a aucune idée desquelles, mais vous inquiétez pas, elles existent.

Marion Graeffly:
Exactement. Et pour ça, il faut que tout le monde soit équipé en 5G parce que ça ira plus vite pour trouver les solutions. Enfin voilà, c'est vraiment l'idée qu'on met en avant. Et alors qu'en fait, exactement comme tu l'as dit, à rebours de tout ça, en fait, on est déjà en train de manquer de certaines matières, de certains matériaux qu'il nous faut pour nous servir du numérique. C'est de plus en plus compliqué de les trouver. Le tantale, par exemple, qui est une matière qui est utile pour se servir du numérique et notamment pour construire nos téléphones portables, eh bien, en fait, on commence à en manquer à la surface de la planète. On n'a pas trouvé suffisamment de gisements pour répondre aux besoins. Et au-delà de ça, en plus, ces gisements en général, ils ne sont pas en Europe.

Marion Graeffly:
Ils ne sont pas en Europe, ils ne sont même pas aux États-Unis. C'est-à-dire qu'ils ne sont pas quelque part dans les lieux où nous avons nos alliés, parce que c'est très géopolitique le numérique. C'est beaucoup extrait en Afrique, c'est beaucoup extrait en Asie, etc. C'est-à-dire qu'on développe beaucoup le numérique, on compte beaucoup sur lui, sauf qu'on n'a pas la maîtrise d'où viennent la plupart des matériaux importants et utiles pour développer le numérique.

Pierre Chevelle:
Ah oui, je croyais que tu disais ça parce que c'est loin, donc le transport, ça pollue en plus du côté un peu colonialiste. Mais ouais, toi tu disais, c'est surtout aussi en termes d'indépendance, c'est cata quoi.

Marion Graeffly:
C'est ça, enfin c'est tout ce que tu as dit. Enfin c'est clairement, parce que je rentre pas dans le détail, en plus des façons dont aujourd'hui sont extraits ces minerais, c'est vraiment des catastrophes écologiques, mais c'est des catastrophes humanitaires. Enfin c'est ce qu'on voit en République démocratique du Congo en particulier, c'est des zones de guérilla.

Pierre Chevelle:
Bah oui, mais c'est cliché, mais c'est.

Marion Graeffly:
Très représentatif de ce qui se passe quoi. Enfin, c'est cliché parce que c'est au cinéma, mais c'est exactement représentatif de ce qui s'y passe quoi.

L'impact social et les dérives des opérateurs classiques

Pierre Chevelle:
Et un troisième problème dont on parle beaucoup moins par rapport à l'écologie, qui est peut-être plus familière pour les gens qui nous écoutent, c'est l'impact social. Alors j'ai regroupé plein de choses parce vraiment, qu'il y a enfin, ça m'intéresse trop ce sujet-là, il y a beaucoup de choses à dire. On l'a dit, téléphoner, avoir accès à internet, c'est un bien de première nécessité. Pourtant, c'est un des secteurs les plus stratégiques où les pouvoirs publics n'ont plus aucune prise, à part l'État. Tu me disais qu'il y a juste 15% dans Orange. Et au-delà des conséquences des GAFAM avec les réseaux sociaux sur l'anxiété, l'isolement, la protection de la vie privée, voilà, qui sont assez bien documentées, le monde des opérateurs téléphoniques, c'est vraiment un délire d'entreprises avec des pratiques révoltantes. En France, il y a 4 multinationales qui se partagent le gâteau. Dont 2 ou 3 je crois qui appartiennent à des donc Drahi, milliardaires, Niel, qui ont toutes fait ou font encore de l'optimisation fiscale, voire de l'évasion fiscale, avec pas forcément leur siège en France, avec des amendes qui tombent de temps en temps mais bon pas énormes, alors qu'en plus ils touchent de l'argent public.

Pierre Chevelle:
Ou les employés de centres d'appel, ça c'est assez connu, mais peuvent être virés, ont des conditions de travail horribles, voire même peuvent être virés pour une minute de pause en trop, pour avoir passé trop de temps à aider leurs clients, ce qui est quand même absurde, ou juste exercer leur droit de grève. Donc là, c'est vraiment flippant, avec des écarts de rémunération de 1 à 2000, le PDG pouvant toucher jusqu'à 35 millions d'euros par an. T'imagines, il y a quelqu'un dans la même boîte que toi qui gagne 2000 fois plus que toi, genre. Tout ça pendant que ta mamie ou ton voisin qui parle mal français n'arrive pas à désactiver une option payante qu'il a jamais choisie et qu'on le fait poireauter pendant 45 minutes avec un robot sur une musique d'attente de Vivaldi, quoi. T'es là, mais au secours! Donc bref, au-delà de l'aspect écolo évident, même s'il est pas très bien connu, il y a des conséquences sociales dramatiques dont on parle assez peu. Est-ce que tu peux nous en dire plus?

Marion Graeffly:
Pour donner un exemple de ce que tu décrivais tout à l'heure, c'est le cas d'un de nos concurrents, n'est-ce pas, qui s'appelle SFR. Et vous avez dû voir en ce moment le cas des frais La Chronique. L'entreprise a été achetée à coup de dettes très importantes il y a quelques années par justement Patrick Drahi, que tu citais tout à l'heure. Et tranquillement, depuis une dizaine une dizaine d'années, l'entreprise a totalement été dépecée parce que tout l'enjeu quand on fait ce type de rachat, c'est de pouvoir rembourser les prêts le plus vite possible. Et donc ce que ça veut dire, c'est que concrètement, j'ai pas tous les chiffres exacts, mais SFR a été coupée en deux, c'est-à-dire on a supprimé la moitié des emplois. Le centre d'appel a été délocalisé au Maghreb et notamment ne fait plus partie de SFR. Donc c'est quand même aussi bien pratique pour pouvoir un peu faire ce qu'on veut exactement du côté du code du travail. Voilà, c'est un exemple emblématique, c'est un exemple emblématique des télécoms parce que c'est un exemple qui est vraiment poussé à l'extrême.

Marion Graeffly:
Mais le problème, c'est qu'en effet, une caste sociale chez SFR, c'est le cas pour une grande partie des opérateurs télécoms. Il y a eu de manière générale une logique en tout cas de réduction des coûts, aussi d'achat-revente aussi de la plupart des opérateurs qui se voulaient indépendants sur le secteur. Il y en a quasiment plus. Il y a une solution quasi monopolistique entre les 4 acteurs en France principaux. Et ça, ça pose plein de problèmes parce que, comme toujours quand on est dans une situation de monopole, c'est des organisations ou d'oligopole. Exactement, dans ce cadre-là, c'est des organisations qui dictent la façon de fonctionner d'un marché.

Pierre Chevelle:
Les accords cachés qu'il y avait eu.

Marion Graeffly:
Exactement, il y a eu une histoire d'accord caché, donc avec une jolie amende à la clé. Donc bon, ça c'est bien parce que ça veut dire que les pouvoirs publics s'en emparent et essayent de régler les problématiques, mais quand même, ça a lieu et ça a lieu régulièrement. Donc ça, ça pose plein de problèmes parce qu'en effet, d'un point de vue social, c'est une catastrophe, mais aussi toujours d'un point de vue écologique, c'est aussi une catastrophe parce que c'est du coup des entreprises qui sont vraiment pleinement liées au profit. L'objectif, c'est faire un maximum de profit, quelles que soient finalement les conséquences, et notamment les questions environnementales et sociétales, et qui va du coup avoir de grandes difficultés quelque part aussi à réinventer le modèle parce qu'il faut réinventer le modèle. On a besoin inventer des modèles par rapport à l'impact environnemental et sociétal qui est généré par ce secteur. Mais bon, pour l'instant, ça semble quand même vraiment pied et poing lié à l'enjeu premier: faire du profit.

Telecoop : La naissance d'une alternative citoyenne et coopérative

Pierre Chevelle:
J'avais pas réalisé avant de préparer l'interview à quel point c'était un peu une caricature de la guerre des classes sociales, quoi, entre vraiment des milliardaires qui pressurisent à enfin l'extrême, voilà, ceux qui travaillent en centre d'appel. Voilà, si vous avez déjà bossé là-bas ou connaissez des gens enfin là-bas, voilà, on sait à quel point les conditions sont atroces. Et je crois que même il y avait une citation de Xavier Niel qui disait en enfin gros, moi je m'en fous de, enfin je sais plus ce que c'est exactement la citation, mais c'est pas mon problème les conditions de travail des gens dans mes centres d'appels quoi, un truc comme ça.

Marion Graeffly:
Oui, et puis il a même aussi ajouté que les employés des, justement des centres d'appels, c'étaient les ouvriers du 21e siècle. Ça donne une idée assez claire fait, de, en de l'attention qu'on porte. À ces personnes.

Pierre Chevelle:
Pour récapituler, pendant que la science nous dit noir sur blanc, les gars et les filles, on va pas pouvoir continuer continuer à comme ça parce que là, en fait, on fonce dans le ravin, dans le mur. Tout ce que ces entreprises nous proposent, c'est une fuite en avant avec des offres illimitées et un abonnement téléphone, télé, internet, Netflix, Amazon, Disney+, etc. Enfin, c'est assez irresponsable. Du coup, il y a des milliers de personnes qui se sont dit il y a quelques années, en fait, votre monde là, mais on n'en veut pas quoi, on va construire une alternative citoyenne. Et donc dans plein de secteurs, il y a des coopératives d'intérêt général qui sont développées pour répondre à tous les besoins essentiels. Donc l'électricité avec Enercoop, dont je vous ai déjà parlé, la banque avec la Nef, l'alimentation avec Biocoop, etc. Et il y avait aussi un vrai besoin donc de créer un service de téléphonie responsable, plus écolo, transparent, solidaire. Et donc Télécoop, votre coopérative, est née en 2020.

Pierre Chevelle:
Aujourd'hui, vous avez 8000 abonnés et 1500 sociétaires, et ça croît assez vite. Est-ce que tu peux nous parler de la vision de Télécoop, de créer une sorte de bien commun, en fait?

Marion Graeffly:
C'est exactement ça, c'est très beau résumé comme ça. En fait, c'est, c'est, on veut faire du numérique vraiment, comme tu l'as dit, en bien commun. En fait, quelque chose qui serve à tous, au même niveau, auquel tout le monde peut avoir accès. Facilement et de manière accompagnée. En fait, c'est vraiment comment on fait du numérique à nouveau quelque chose qui serve le citoyen et qui serve pas simplement des entreprises. Exactement. Et dit comme ça, en fait, je trouve que le projet est assez beau. En tout cas, moi, ça m'a donné envie de me lancer.

Le modèle de la SCIC et l'équité salariale chez Telecoop

Pierre Chevelle:
Concrètement, servir le citoyen, moi c'est un truc qui me semblait un peu abstrait, mais en vous écoutant justement, tu dis, bah, quand tu fais du bénéfice par exemple, on peut décider tous ensemble, parce que c'est une coopérative, de soit baisser les tarifs ou soit d'améliorer les services, voilà, plutôt que juste augmenter la marge du patron, quoi.

Marion Graeffly:
C'est exactement ça. Alors il y a il y déjà, a des lois qui encadrent notre activité, ça c'est hyper important, parce que à l'heure où aujourd'hui on décrit pas mal les entreprises pour ce qu'elles font, fait en il existe aujourd'hui des statuts qui protègent l'activité des entreprises et qui s'assurent finalement qu'on va dans le bon sens. Et c'est le cas des statuts de SCIC, des sociétés coopératives d'intérêt collectif, parce qu'on a la liberté d'y intégrer des choses qui permettent de protéger le fait qu'on ira toujours se battre pour l'intérêt collectif, pour les enjeux environnementaux et sociétaux.

Pierre Chevelle:
Genre, il y a quoi concrètement dedans?

Marion Graeffly:
Et ben voilà, concrètement, donc chez nous, par exemple, on a, tu parlais tout à l'heure des salaires mirobolants chez nos concurrents. En fait, chez nous, il y a entre le plus haut salaire et le plus bas salaire, nous, on a pris l'engagement d'avoir un écart de 1 à 5.

Pierre Chevelle:
Ouais.

Marion Graeffly:
Et dans les faits aujourd'hui on est plutôt de 1 à 1,75, donc tu on vois est encore plus resserré.

Pierre Chevelle:
Trop bien! 1 à 5 c'est assez classique dans l'ESS ou les coopératives, mais 1 à 1,75 c'est génial.

Marion Graeffly:
Ouais, notamment parce que, enfin c'est très simple, nous les personnes qui sont les moins bien payées c'est les personnes du service client, les mieux payées en fait c'est le comité de direction, parce que moi d'ailleurs en tant que directrice générale je suis payée au même niveau que les autres personnes du comité de direction. Pour pareil, pour tester vraiment l'égalité, la responsabilité aussi, à faire un peu jusqu'au bout. Et donc ça veut dire que si nous on veut s'augmenter, en fait on augmente les personnes qui sont les moins bien payées, et donc les gens au service client. Enfin, en fait, tout ça c'est vu d'un point de vue, dans ce cadre-là du coup, totalement holistique. En fait, on dit pour bien répartir la richesse, il faut qu'il y ait cet encadrement de salaire, il faut qu'il y ait une volonté aussi de vraiment travailler sur les personnes qui qui gagnent le moins classiquement dans notre économie, en fait.

Pierre Chevelle:
Parce que j'allais me dire, je me disais du coup, est-ce que vous payez tous super mal pour rester dans le même écart, ou est-ce que vous payez tous super bien? Du coup, il y avait pas de question.

Marion Graeffly:
Non, non, c'est ça, c'est la logique. C'est que, en fait, faut vraiment le regarder de manière globale.

Pierre Chevelle:
D'ailleurs, comment je vais essayer d'augmenter mon salaire? Tu dis que comment je vais essayer d'augmenter le salaire de tout le monde, quoi.

Marion Graeffly:
C'est ça.

Pierre Chevelle:
Donc concrètement, de l'extérieur, vous êtes un opérateur téléphonique comme Free, Orange, Bouygues, SFR. Vous êtes raccordé au premier réseau de France, à savoir Orange, donc il n'y a pas de problème de réseau. Mais si on s'approche, c'est assez différent. Donc déjà, vous êtes une coopérative, donc Télécoop appartient à ses sociétaires, c'est-à-dire à ses clients et à ses partenaires. Mais personne n'a intérêt à s'en mettre plein les poches. Du coup, comment tu vas faire pour te payer 35 millions d'euros par an, Marion?

Marion Graeffly:
Ben, je vais pas y arriver, c'est clair. Je vais pas y arriver, j'ai envie de dire tant mieux. Tant mieux parce que quand on est super riche, en général, on est aussi un super polluant. Donc je crois qu'on n'est pas— c'est pas utile d'avoir tellement de super riches autour de nous. J'y renonce volontiers.

Co-construire un bien commun numérique avec les sociétaires

Pierre Chevelle:
Et l'aspect coopératif pour toi, ça se traduit comment et en quoi c'est important pour toi?

Marion Graeffly:
Moi, déjà, à titre personnel, j'aurais jamais lancé une autre type d'entreprise parce qu'en fait, ce que je trouve hyper intéressant dans le modèle coopératif, c'est le fait de pouvoir finalement compter sur une formidable communauté de gens avec soi. En fait, quand on a 1500 sociétaires, c'est 1500 personnes avec lesquelles on co-construit les œuvres de la coopérative, avec lesquelles on pense en fait qu'est-ce que c'est que l'intérêt collectif. En fait, c'est ça, c'est un bien commun. Et en fait, on peut pas dire qu'on défend l'intérêt collectif si derrière on n'a pas un collectif de personnes justement différentes, hétéroclites, qui vont avoir des métiers différents, qui vont avoir des situations personnelles différentes. En fait, c'est tout ça qui fait qu'on s'enrichit et on peut vraiment, à notre sens, répondre aux enjeux de toutes ces personnes. On voulait que ça puisse, que Télécom puisse être vraiment le reflet de la société, et donc il fallait pouvoir être comme ça.

Pierre Chevelle:
Du coup, tu vas créer des offres qui répondent à un vrai besoin, alors que personne n'a jamais demandé à un opérateur Télécom d'avoir J'en sais rien, des packages avec tous les services de streaming de la terre entière et 100 milliards de gigas de données mobiles que personne ne consomme, quoi.

Marion Graeffly:
C'est ça. Et puis en plus, tu vois, plus, le pour moi, qui est le plus déroutant, c'est que globalement, en plus, d'après les études, notamment celle de l'ADEME, etc., en fait, les Français déclarent qu'ils ont envie de prendre du recul sur les outils numériques. Enfin, les différents baromètres du numérique, c'est ce qu'ils annoncent en fait, et c'est ce qu'ils indiquent.

Pierre Chevelle:
Je crois que c'est les trois quarts des Français.

Marion Graeffly:
Exactement, c'est les trois quarts des Français qui le demandent. Et donc ça veut dire que le marché tel qu'il s'est construit est en totale inadéquation avec les vrais désirs des personnes. C'est d'autant plus finalement un secteur où les personnes subissent ce qui se fait. Et il faut le faire comme ça parce qu'on nous dira: « Bah oui, vous savez, le numérique c'est absolument essentiel, faut qu'on s'y mette tous. » C'est pas la question de pas s'y mettre, la question c'est de savoir la place qu'on lui donne vraiment, qu'on lui réserve. Et donc c'est ça qu'on travaille en fait avec nos sociétaires, c'est bon, bah ok, on a bien vu que tout le secteur nous pousse plutôt à la consommation. Mais nous, comment est-ce qu'on réfléchit? Comment est-ce qu'on travaille des offres qui nous permettent justement de prendre du recul et de quelque part se battre contre ces grandes forces? Parce qu'on n'a pas encore évoqué les GAFAM, etc., mais nous, en tant que citoyen, on peut un peu se sentir désarmé par par rapport, rapport à toutes ces entreprises qui nous dictent une certaine façon de consommer, qui nous dictent une certaine façon de nous servir de nos écrans. Par contre, ce qui est sûr, c'est que quand on le voit d'un point de vue collectif, on est beaucoup plus fort, on est beaucoup plus armé justement pour pouvoir y faire face collectivement, quoi.

Lutter contre l'obsolescence programmée sans vendre de téléphones

Pierre Chevelle:
J'avoue, je me rends compte à quel point ça nous saoule de changer de téléphone aussi souvent. Et franchement, si je pouvais garder le même téléphone toute ma vie, je serais trop heureux, quoi. À chaque fois, faut tout tout. Enfin réinstaller, bref, c'est toujours une galère. Donc maintenant, ce que je vous propose, c'est simplement de comparer ce que proposent les opérateurs classiques et Telecoop. Par rapport au premier problème de l'impact du numérique, un opérateur classique par exemple va beaucoup inciter à renouveler son téléphone justement avec des promos, avec le Black Friday, je sais pas quoi, sachant qu'en France on les garde en moyenne à peine 2 ans et demi alors qu'ils fonctionnent encore 9 fois sur 10.

Pierre Chevelle:
C'est lunaire. Comment ça se passe chez vous.

Marion Graeffly:
Chez Telecoop? Là-dessus, on pourrait dire qu'on est une entreprise radicale, mais on vend pas de téléphone. On vend pas de téléphone en direct, en fait, ça c'est un de nos premiers engagements. On va plutôt développer des conseils et des façons finalement d'aider les gens à garder leur téléphone le plus.

Pierre Chevelle:
Longtemps possible. Un opérateur téléphonique et un vendeur de téléphone, c'est pas le même métier en fait, genre ça pourrait très.

Marion Graeffly:
Bien dissocier, ça pourrait tout à fait dissocier. Donc ça c'est un point qui, où nous on a décidé de prendre le contre-pied dès le départ, on a décidé de faire vraiment, de construire un modèle économique, on dépend pas de ça. En se disant, bah, si on le fait demain, on le fait pour une bonne raison. C'était parce que justement nos sociétaires nous l'auront demandé. Ils ont dit, bah voilà, si en fait on a envie, on a besoin que Télécoop propose des téléphones qui soient responsables, qui soient éthiques, etc. Exactement. Du coup, c'est tout à fait différent. C'est-à-dire qu'on le fait pour répondre à un enjeu social, on fait pour répondre à une demande de nos clients et nos sociétaires, non pas parce qu'on.

Pierre Chevelle:
En dépend. Et puis aussi vous accompagnez les gens pour garder leur téléphone le plus possible avec une aide à la réparation notamment, ce qui fait je crois que vos abonnés gardent plus longtemps leur téléphone.

Marion Graeffly:
C'Est ça? C'est ça, en moyenne nos abonnés ils gardent leur téléphone 3 ans et demi, donc presque 4 ans par rapport à la moyenne nationale. Et donc ça, ça nous rend super fiers parce que ça veut dire que en fait le simple fait de pas pousser une promotion agressive en disant « change de téléphone, c'est génial, et puis d'ailleurs la promo elle est valable jusqu'à demain donc dépêche-toi », ben ça déjà ça permet aux gens de pouvoir garder leur téléphone concrètement plus longtemps et puis de faire des économies parce qu'il y a des économies qui vont avec. Et ensuite de manière plus globale, et ben en effet comme on va faciliter les services de réparation, c'est-à-dire vraiment où est-ce que je peux trouver un réparateur, comment comment justement le réparer en toute sécurité, comment on va aussi aider à avoir vraiment des services de longévité des téléphones, c'est-à-dire qu'est-ce que je dois faire pour garder mon téléphone le plus longtemps possible, nettoyer, pouvoir effectivement faire d'autres choix de logiciels ou d'applications qui vont justement pas participer à l'obsolescence logicielle. Tout ça c'est des propositions qu'on fait, on a des guides qui permettent aux gens de mettre.

Pierre Chevelle:
Ces éléments en place. Oui, il y a.

Marion Graeffly:
Une vraie éducation populaire. C'est ça. Et c'est ça, ce que tu dis, c'est très important, c'est qu'on est vraiment dans cette logique d'éducation populaire. En fait, ce qu'on dit, c'est que pour que le numérique soit un bien commun, pour qu'il soit vraiment possible de le partager, il faut que tout le monde puisse se l'approprier en fonction de qui on est par rapport au numérique. Et donc c'est ce qu'on fait en effet avec notre service client, mais aussi avec la, toute tous les tous les documents, documents qu'on met à dispo, les webinaires qu'on organise.

Pierre Chevelle:
Etc. Et évidemment, comme on l'a dit, 80% de l'empreinte environnementale d'un téléphone, c'est la fabrication. Du coup, ça permet, le fait de garder ton téléphone plus longtemps, je que vous d'économiser, crois dites 55.

Marion Graeffly:
Tonnes de CO2 économisées. 55 tonnes de CO2 par an. En fait, c'est un.

Pierre Chevelle:
Calcul qu'on a fait.

Marion Graeffly:
C'est tous vos abonnés. Exactement. C'est le fait que nos abonnés gardent leur téléphone Nupion plus longtemps par rapport, encore une fois, à la moyenne des Français qui le gardent 2 ans et demi. Ça permet concrètement d'économiser 55 tonnes de CO2.

Facturation au Go réel et sobriété de l'attention

Ensuite, le deuxième problème dans notre comparaison, c'était la surconsommation. Donc les opérateurs classiques proposent généralement des forfaits mobiles quasi illimités par rapport à nos besoins réels et de plus en plus avec des offres télé, je sais pas, avec Disney Plus, alors que 60% du trafic internet mondial, c'est du streaming vidéo. Pas ouf niveau sobriété. Quelle.

Marion Graeffly:
Alternative vous, vous proposez? Première chose, c'est qu'on a repensé un peu nos forfaits différemment. Donc chez nous, c'est possible d'être facturé en fonction de la consommation de données mobiles réelle. Et ça, ça finalement fait une énorme différence parce que ça donne une réalité tangible à 1 Go de données mobiles. 1 Go de données mobiles, c'est pas très concret finalement. Sur la plupart des offres qu'on a autour de nous, on a des forfaits à 100, 200 Go, on sait pas trop ce.

Pierre Chevelle:
Que ça veut dire. Personne.

Marion Graeffly:
Sait combien il consomme. Exactement, on sait pas combien on consomme. Et donc du coup, ça renforce cette idée d'illimité. Or, comme on l'a dit, le numérique, c'est pas illimité. Donc on a cherché à remettre une réalité tangible derrière ce que c'est qu'un giga de données mobiles pour pouvoir justement permettre aux gens de reprendre la main sur.

Pierre Chevelle:
Leur consommation, tout simplement. Et puis vous proposez aucune offre du coup avec d'autres services, notamment polluants, de.

Marion Graeffly:
Streaming ou autre, quoi? Exactement, parce qu'en fait, l'idée, c'est aussi de remettre la main sur ce qu'on a de plus précieux, à savoir notre attention. En fait, notre attention, le temps qu'on passe derrière nos écrans, en fait, ça grignote un temps de vie, un temps d'attention. C'est vraiment ça, en fait. Pour l'instant, on n'a pas trouvé une solution pour mettre plus de 24 heures dans une journée. Donc ça veut dire que plus on passe de temps devant un écran, moins on a de temps pour faire autre chose. C'est pour ça que nous, dans nos offres, effectivement, bon, alors il n'y a pas d'options payantes, il n'y a pas de choses que vous pourriez vous voir imposer sans vous rendre compte. Ça n'existe pas chez nous, tout simplement, ça n'existe pas. Et puis surtout, en fait, nous on va proposer des façons de sortir du numérique.

Marion Graeffly:
Donc nous, on envoie des textos à nos clients en disant: attention, vous avez consommé 2 Go, peut-être que c'est le moment de prendre un peu de recul sur son téléphone, etc. En fait, donc c'est des choses pour rendre quelque part cette réalité, exactement, pour être accompagné, parce que c'est pas facile tout simplement de se rendre compte du temps qu'on passe sur nos téléphones portables. Toutes les applications sont faites pour qu'on y passe le plus de temps possible. Donc forcément, dit comme ça, si on n'a personne pour nous dire « Eh coucou, tu sais que ça fait un petit moment que tu es devant ton téléphone? » C'est.

Pierre Chevelle:
Compliqué de résister à tout ça. Sachant que ce n'est pas dans votre intérêt financier, quoi. Donc je trouve ça d'autant plus génial. Et encore une fois, ça montre bien que vous êtes— je ne sais pas comment ça veut.

Marion Graeffly:
Dire exactement— à lucrativité limitée, non? C'est ça. En fait, dans la SIC, C'est une autre partie de ce qui est écrit dans nos statuts, c'est qu'on a une créativité limitée. Ça.

Pierre Chevelle:
Veut dire que concrètement— Le.

Marion Graeffly:
But c'est d'être à l'équilibre quoi. Exactement. Que c'est très bien si on fait du profit parce que ça permet d'équilibrer notre modèle, mais c'est pas la.

Pierre Chevelle:
Première chose qu'on va aller chercher. Et du coup forcément ça se reflète dans tous vos choix. Effectivement il y a 57% des Français qui pourraient pas se passer de leur smartphone plus d'une journée. Et du coup vous, vous encouragez à consommer moins et à déconnecter, mais du coup Ça se voit dans les forfaits, mais aussi dans l'accompagnement. Et au final, ça marche parce que vos abonnés consomment en moyenne 2 gigas par mois. C'est 5 fois moins que la moyenne française. Donc voilà, avis à ceux qui, comme moi, sont addicts à leurs écrans, ça peut être une solution.

Éthique sociale et plaidoyer pour un numérique responsable

Et enfin, par rapport aux problèmes sociaux du numérique, bon, déjà, comme on vient de le dire, votre but, c'est pas de faire de la thune, mais de créer un numérique éthique.

Pierre Chevelle:
Du coup, oui, vous êtes un opérateur téléphonique, mais vous faites aussi du plaidoyer, par exemple. Pour créer une TVA réduite pour les appareils reconditionnés ou augmenter de 2 à 5 ans la durée de garantie des équipements numériques, donc allonger la durée de vie. Et incroyable, vous avez aussi un vrai service client en France, pas délocalisé, qui rend pas fou. Vos conseillers ne sont pas chronométrés lors de leurs appels, donc vous avez sûrement pas à les virer s'ils parlent un peu trop longtemps à aider quelqu'un. Vous incitez pas non plus, voilà, ils ont pas de variables commerciales, vous incitez pas vos clients à consommer ou acheter des offres ou des trucs. Est-ce que tu aurais des anecdotes.

Marion Graeffly:
D'Abonnés qui illustrent justement votre différence? Oui, on en a plein, on en a tous les jours qui nous disent: ah mais c'est génial de pouvoir vous avoir en direct, ça fait une telle différence. Enfin.

Pierre Chevelle:
Voilà, incroyable que ce soit ça le luxe aujourd'hui, quoi, c'est.

Marion Graeffly:
Pouvoir parler à un humain, quoi. C'est ça, en fait. Tu vois, une petite anecdote que j'aime bien, c'est on a quelques personnes comme ça qui ont plus des difficultés à se servir du numérique, mais comme ça arrive à tout le monde, en fait, en réalité, il y a plein de gens qui ont ont à un moment donné un problème à se servir de leur téléphone portable. Et on a une dame comme ça qui avait des problèmes pour se servir de son téléphone et un peu désemparée parce fait qu'en elle n'a personne dans son entourage pour l'aider, ou dans son cas justement ses enfants n'étaient pas proches d'elle, parce que c'est souvent comme ça que ça se passe, on a quelqu'un de la famille qui peut aider. Et effectivement notre conseiller il a passé 45 minutes avec elle au téléphone pour régler son problème. C'était un petit problème de configuration. Pour nous, ça paraît pas bien méchant, pour les personnes qui sont à l'aise avec.

Pierre Chevelle:
Mais pour elle, c'était un enfer. Et puis qui avait rien à voir avec.

Marion Graeffly:
Son abonnement chez vous en plus. Et qui est un problème qui n'avait rien à voir avec son abonnement chez nous, parce qu'effectivement, en général, les gens qui nous appellent, c'est pas pour un problème avec nous. Donc ça, c'est aussi plutôt pas mal. Non, c'est un problème avec leur téléphone ou quoi que ce soit. Et voilà, on a passé en effet 45 minutes à l'aiguiller, à lui indiquer comment faire. On a revérifié le lendemain, on l'a rappelé le lendemain pour vérifier que tout était bon de son côté. Et voilà. Et le retour qu'on a eu, je pense que ça, c'est un des plus beaux cadeaux qu'on peut avoir.

Marion Graeffly:
C'est la première fois que je me sens épaulée et que je me sens épaulée dans mes usages, dans mes usages du quotidien. Parce qu'en fait, c'est un usage quotidien. En.

Pierre Chevelle:
Fait, le téléphone portable, on.

Marion Graeffly:
En a besoin tout le temps. Et donc quand on a un problème, on a un problème, mais pas qu'avec son téléphone portable. En général, on a d'autres types de problèmes qui du coup qui s'ajoutent tellement la place du téléphone portable.

Pierre Chevelle:
Est devenue omniprésente dans nos vies. Pour trouver un job, pour faire valoir tes droits, pour juste ta vie sociale. Enfin, je trouve forme, rends compte c'est une je me à quel point c'est une forme d'exclusion hyper violente et de mépris. enfin, De, des fois il y a même pas de numéro de téléphone et donc tu envoies un mail, tu sais très bien qu'on te répondra jamais. Ou alors le numéro de téléphone, moi le nombre de fois où je vais pas appeler en fait, ou alors je vais attendre le plus longtemps possible parce que je sais que ça va être un labyrinthe et je vais pas appuyer sur 2, 3, 4 et tu sais jamais quel est le chiffre qu'il faut. Et c'est chouette en fait de ramener de l'humain et de l'inclusion, et juste avec un service client qui fait son job en fait. Bah ouais, tu.

Marion Graeffly:
Es là pour servir tes abonnés. ouais, Enfin et puis en fait ce qui moi m'a comment toujours, dire, vraiment dérangé, c'est que pendant longtemps on a expliqué que le progrès, progrès le c'était de passer par le numérique. C'était d'automatiser, c'était de passer par des processus, enfin bref, où il n'y a pas Enfin voilà, ça d'humain. c'était, ça c'est le nec plus ultra du progrès. Enfin j'ai vraiment l'impression que c'est comme ça qu'on nous l'a vendu pendant longtemps. Et en fait, bah non, on pense que non, en fait le vrai progrès c'est de pouvoir fait en prendre le temps avec des gens, de s'être organisé pour que ce soit possible. On le fait pour que en fait le cœur de notre activité ce soit les gens. Qu'on puisse prendre le temps qu'il faut avec les gens.

Marion Graeffly:
Et c'est ça qui est génial en fait, c'est ça, c'est ces moments-là qui sont vraiment hyper importants. C'est, on se dit bon bah voilà, le numérique est à sa juste place pour que les humains aient le.

Pierre Chevelle:
Temps de parler à d'autres humains. Et tu me parlais d'un autre abonné, William, qui disait que votre offre lui a fait du bien parce que du coup ça aide à réaliser son impact et du coup à se responsabiliser et presque à le prendre comme un défi de d'apprendre.

Marion Graeffly:
La sobriété, quoi, réduire sa conso. Tout à fait. En fait, moi j'aime bien son témoignage parce que ça montre vraiment ce qu'on a essayé de faire et on voit que ça a eu de l'impact. En tout cas, ça a eu de l'impact pour lui. En fait, c'est quelqu'un qui se décrit comme quelqu'un qui consommait énormément son téléphone portable, qui utilisait beaucoup à tous les moments finalement de creux de sa vie, comme ça arrive je.

Pierre Chevelle:
Pense.

Marion Graeffly:
À quasiment tout le monde. Voilà. Et en fait, de prendre conscience de ce que c'était que la donnée mobile, de prendre conscience du.

Pierre Chevelle:
Du.

Marion Graeffly:
Temps.

Pierre Chevelle:
Coût qu'il y passait, etc. Je crois que tous les 2 gigas, vous envoyez un SMS pour dire où vous en êtes. Et en plus, sur votre espace perso Télécom, vous pouvez voir votre conso, alors que des fois c'est un.

Marion Graeffly:
Peu caché sur les autres opérateurs. Oui, globalement, c'est souvent pas très visible. Mais en effet, lui, tout d'un coup, il s'est rendu compte du temps qui passait sur son téléphone. Il a remplacé ce temps-là par d'autres choses, mais aussi juste le fait des fois d'accepter de s'ennuyer, quoi. J'ai pas besoin de mon téléphone pour remplir les 5 minutes entre le moment où j'attends le bus et le moment où il va arriver, quoi. Enfin, en fait, c'est rigolo quand il nous décrivait comme ça, mais c'était vraiment comme ça. C'est-à-dire, mais en fait, j'ai arrêté de remplir par du téléphone tous ces petits épisodes de vie pour, ben, en fait être présent là où j'étais et pas derrière mon écran. J'ai l'impression de dire des banalités quand je dis ça, mais quand je me balade moi aujourd'hui dans le métro, ou parce que je suis à Paris, enfin, c'est cette impression que personne ne se regarde, cette impression que tout le monde est dans sa bulle parce qu'on est devant son écran.

Marion Graeffly:
Moi, c'est des choses qui me heurtent énormément, en fait. Enfin, ça me heurte en tant que citoyen. Je me dis, mais comment on fait société quand on est tous bloqués derrière un écran? On fait pas société en fait, on n'a pas de contact les uns avec les autres. Et ça, je veux bien parler d'une anecdote même perso. J'ai un petit garçon qui a 10 mois et pour lui, le regard des gens c'est essentiel. Il a besoin de qu'on le regarde, il a besoin, il a besoin de ça en fait, il le cherche. Et c'est assez hallucinant de voir le peu de gens qui le regardent en retour parce qu'en fait on.

Pierre Chevelle:
Est tous absorbés par nos écrans. Et à l'inverse, du coup, pareil, je crois qu'on a des enfants quasiment du même âge, 12-13 mois. À chaque fois je pars que en randonnée dans le métro, pareil, elle fait des gros sourires à tout le monde. Et du coup, tu vois à quel point juste un lien social, ou encore plus évidemment avec un bébé, peut illuminer la journée des gens en 2 secondes. Enfin, ça paraît anodin, mais du coup, c'est toutes ces micro-interactions. Bon, là c'est qu'un bébé, donc forcément c'est amplifié, mais voilà, du quotidien d'entraide que qui peuvent être décuplés. Et à la fois, je pense que ça peut être génial d'être rivé sur son écran de temps en temps pour oublier ses problèmes parce que tu as une journée de merde ou juste parce que tu es pressurisé par le système, ou enfin peu importe, parce que tu as envie de te changer les idées ou de faire quelque chose d'utile. Et à la fois, on se plaint beaucoup du fait que nos vies vont à 100 à l'heure, mais si on voulait ralentir un peu, réduire sa consommation et décoller le nez de nos écrans en fait, fait en le temps.

Marion Graeffly:
Qu'On peut récupérer est assez impressionnant. Tout à fait. non mais Et c'est, c'est super important de le dire. J'écoutais une interview d'un la anthropologue dernière fois qui était assez fascinant justement sur la société dans laquelle on est. Lui il appelait ça la société de la tête baissée. Et je trouve que c'est très bien dit en fait, que nos corps, nos corps humains, il est fait pour marcher, il est fait pour regarder de l'avant, il est fait pour ça en fait, il est taillé pour ça. Des siècles d'évolution nous sont taillés pour ça. Et en fait, c'est tout ça aussi qu'on cherche à interroger.

Marion Graeffly:
En fait, quand on donne une réalité tangible, une réalité pécuniaire à un giga de données mobiles, c'est ça qu'on cherche à interroger. C'est en fait la place qu'on y donne à cet écran qui nous occupe beaucoup trop par rapport à ce dont nous on a vraiment besoin en tant qu'humain, à savoir regarder devant soi, avoir des interactions avec les autres, les regarder, leur sourire. C'est ce qu'on est en train de en perdre fait, au fur et à mesure quand même que ces petits outils se sont infiltrés dans nos vies. Parce que ça reste un outil, c'est ça qui est aussi, enfin, qui domine qui quoi. Exactement, qui domine qui. Un outil normalement c'est fait pour faciliter des choses, c'est fait pour nous rendre la vie plus facile. Bon bah là j'ai un doute, je suis pas sûr que c'est ce qu'on est en train de vivre. En tout cas pas la façon dont aujourd'hui ça s'est déployé et la.

Pierre Chevelle:
Façon dont on s'en sert aujourd'hui. Tu m'as mis des frissons là en parlant de votre vision et ça me parle trop parce que bien sûr qu'on subit le numérique par plein d'aspects, mais cet exemple parmi plein d'autres de ralentir, on a l'impression que c'est souvent le système évidemment qui nous incite à aller plus vite, mais se rappeler que bah en fait non, nous aussi on a une marge de manœuvre, on a une partie de pouvoir pour ralentir et récupérer du temps. C'est hyper empouvoirant, c'est hyper inspirant. Et du coup, ce que j'adore dans votre projet, c'est que vous êtes là, ok, il y a tel problème, tel problème, tel problème, et en face, ok, bah du coup on fait ça, ça, ça, il y a telle offre, il y a tel service client, il y a tel statut coopératif, et tu es là, mais tout est hyper logique. À chaque problème, il y a pas une solution, mais une mise en action et une proposition de réponse. Et c'est trop agréable en fait quand tout est cohérent et Voilà, c'est pas juste dire oui, nous, parce qu'il y a plein d'organisations qui prétendent servir l'intérêt général, que ce soit des entreprises ou des associations d'ailleurs, mais c'est pas forcément flagrant dans les moindres détails. Et là, j'adore parce que ça dégouline de sens de tous les côtés. Bref, du coup, je viens juste de passer chez Télécoop et la blague, c'est qu'en comparant votre offre avec mon ancien opérateur, j'ai découvert que depuis un an, voilà, ils me facturaient une option cachée à 12 €.

Pierre Chevelle:
Donc vraiment le cliché de ce qu'on dénonce, 12 € par mois à laquelle j'avais jamais souscrit. Donc ils m'ont quand même volé 150 €, donc je suis encore un peu énervé. Et c'est là, ok, c'est bon, je me casse. Donc pour parler concrètement, vous ce que vous proposez, c'est donc sans engagement comme tout le monde, tu gardes ton numéro normal comme partout ailleurs, mais surtout vous proposez 2 forfaits. Un peu atypiques comme on l'a.

Marion Graeffly:
Évoqué. Tu peux nous les présenter? Oui, ben le premier forfait c'est ce qu'on appelle le forfait sobriété. C'est un forfait qui facture nos abonnés en fonction de leur consommation de données mobiles réelle. Donc concrètement c'est 10 € appel et SMS, MMS aussi si vous envoyez encore, et puis les services de l'Union européenne. Donc ça c'est la base fixe des 10 € et après on facture nos abonnés en fonction de leur consommation de données mobiles réelle, 2 € par giga de données mobiles consommées. Donc ça, c'est vraiment une offre qu'on met en avant pour les personnes qui ont vraiment envie de se lancer parce que c'est pas forcément.

Pierre Chevelle:
Évident en fait à premier abord. C'est plutôt pour.

Marion Graeffly:
Les.

Pierre Chevelle:
Gens confirmés niveau sobriété.

Marion Graeffly:
Quoi. Exactement. Le niveau avancé, quoi. Exactement. C'est déjà la ceinture brune. Et après, on a lancé un deuxième forfait qui est un forfait, lui, tout compris. Pour 20 € par mois, le forfait Transition, donc c'est appels, SMS, etc., et 20 Go de données mobiles. Alors pourquoi 20 Go? C'est parce qu'en fait la moyenne de consommation de données mobiles en France, c'est 15 Go par mois.

Marion Graeffly:
C'est quelque chose qui correspond tout à fait à la réalité de ce qu'une très grande partie, grande majorité des Français consomment, mais ça reste quelque chose qui est raisonnable par rapport à nos concurrents qui intègrent un très gros paquet de données, mais sans réalité par rapport aux besoins réels des Français en fait. Donc c'est ça, donc c'est 2 forfaits. Et j'ajoute qu'on a aussi mis en place une aide financière à la réparation des téléphones portables. Donc de l'offre Transition, si vous avez besoin de réparer votre téléphone, réparer par exemple changer une batterie, enfin n'importe quoi, on donne 30 € par an à nos clients pour qu'ils puissent effectuer cet acte de réparation. Ça, on a été les premiers à le faire aussi sur le marché et on est assez fiers de ça parce qu'en.

Pierre Chevelle:
Fait— Ah mais moi je croyais que c'était un truc lié à une offre de l'État, mais non c'est.

Marion Graeffly:
Vous qui déboursez de votre poche. Et on l'a mis en place avant le bonus de réparation, donc en plus tout ça maintenant ça s'ajoute, c'est-à-dire que l'État a depuis mis en place un bonus réparation, donc quand tu as besoin de réparer ton téléphone, tu peux bénéficier de 30 € d'aide, pareil pour réparer son téléphone, mais.

Pierre Chevelle:
Chez Telecoop ça s'ajoute. Donc voilà. OK, trop bien. Donc oui, le forfait qu'on vous conseille le plus, moi que j'ai pris, effectivement, c'est plutôt le forfait transition pour commencer avec 20 gigas inclus. Et au-delà, du coup, c'est 2 euros par giga de données mobiles en plus. Comme ça, voilà, t'es pas bloqué si jamais tu consommes plus. Mais j'avoue que moi, au début, j'avais peur que ça me coûte plus cher que mon forfait actuel. Et surtout parce que je sais pas combien je consomme par mois, en fait.

Pierre Chevelle:
Et en fait, effectivement, on consomme en moyenne 15 gigas par mois. Moi je crois que je suis même 13, même si forcément ça fluctue quand tu voyages ou quoi. Donc en fait on n'a pas besoin de plus, donc même avec 20 Go en fait on a déjà de la marge et c'est pas plus cher que les autres. Et je crois qu'en plus il y a deux espèces de cadeaux annuels si on dépasse notre plafond.

Marion Graeffly:
De données, non? Ça marche comment? Ouais, c'est ça, on a mis en place une option donc ça dépannage, c'est, on l'a mis en place sur l'offre sobriété, la première offre, ou 2 fois par an nos clients bénéficient de 5 Go de données mobiles gratuites. Donc typiquement, comme tu l'as dit, quand on est en vacances, en déplacement, on a moins accès au Wi-Fi, on a plus besoin de son téléphone portable. Et du coup, dans ce cadre-là, la coopérative a mis en place cette option dépannage. Et ça, c'est typiquement, c'est quelque chose qu'on a fait parce que nos sociétaires nous l'ont proposé. Est-ce qu'on pourrait mettre en place quelque chose pour éviter de pénaliser les gens qui sont en déplacement? Bah oui, on va le mettre en place. Enfin, c'est C'est vraiment comme ça qu'on a cherché à les construire pour que ce soit le plus accessible possible parce qu'on a conscience en fait qu'on est sur une posture qui peut paraître assez radicale par rapport aux autres opérateurs télécoms. Et c'est tant mieux parce qu'il faut de la radicalité vu les enjeux qu'on a besoin de régler. Donc c'est hyper important d'assumer cette radicalité et en même temps pour que ce soit le plus accessible possible, on est à l'écoute des choses qu'on peut nous remonter et.

Pierre Chevelle:
On les met concrètement en place. Voilà, c'est trop bien. Bon, je crois que vous avez compris que je suis vraiment, chaque année, bon évidemment il y a un partenariat, mais chaque année je trouve qu'il y a une pépite que je découvre et moi je suis trop, enfin là je parle de vous à la terre entière depuis que je prépare cette vidéo. Et c'est vrai que c'est quand même un délire de quitter une offre illimitée pour un truc grosso merdo à peu près au même prix mais où tu vas moins consommer. Mais j'aime trop l'idée qu'on te responsabilise. Et si tu as envie de consommer un peu plus, tu n'es pas bloqué. Et si tu as envie ou tu tu arrives, as l'habitude de consommer un peu moins, tu es récompensé en payant moins. Est-ce que c'est quoi les principaux freins que les gens ils ont en venant chez.

Marion Graeffly:
Vous et comment tu y réponds? Le principal frein, c'est que les gens ne savent pas ce qu'ils consomment en termes de données mobiles. C'est vraiment le principal frein. Frein dans ce sens-là. Donc d'ailleurs, on est en train de sortir un projet là-dessus qui va permettre aux gens de calculer leur consommation de données.

Pierre Chevelle:
Mobiles par rapport à leurs usages. C'est une petite calculette en ligne, je crois, pour voir vos dernières factures, tout simplement. Mais.

Marion Graeffly:
Exactement, mais moi, ils font pas les totaux, c'est pas toujours très facile de le voir, malheureusement. C'est pas toujours, alors pourtant ça devrait l'être, il y a des lois qui ont été sorties pour ça, mais bon, c'est pas encore très suivi de ce point de vue-là. Donc oui, c'est opaque, en fait c'est très.

Pierre Chevelle:
Opaque.

Marion Graeffly:
De prendre conscience de ça. Ça. Donc c'est vraiment le premier frein. Mais globalement, c'est, voilà, c'est premier élément qui nous remonte, c'est ça. Parce qu'après, on a un taux de satisfaction qui nous ravit chaque année, mais qui est de 99%. Donc il y a 99% de nos clients qui sont déclarés très satisfaits des services qu'on propose. Ça nous rend très fiers, même si aujourd'hui on reste, je l'ai dit, une petite entreprise, parce que on a 8000, là presque 8500 abonnés, 1500 sociétaires. On peut voir ça comme une goutte d'eau d'eau goutte sur le marché.

Marion Graeffly:
Mais en fait, c'est pas tant une goutte d'eau que ça, déjà parce qu'on a des moyens qui sont très faibles par rapport à ce que sont les autres opérateurs télécoms et leurs moyens marketing et en termes de communication. Donc par.

Pierre Chevelle:
Rapport à ça, c'est pas mal. Puis vous êtes.

Marion Graeffly:
Dans le sens de l'histoire, quoi. En effet.

Pierre Chevelle:
Enfin nous c'est ce qu'on pense. Il va y.

Marion Graeffly:
Avoir un afflux massif de gens. Moi j'ai c'est, l'impression, enfin, qu'on est dans une espèce de fête qui s'arrête pas parce qu'il y a personne qui a décidé d'éteindre la musique, quoi. Et que bah voilà, c'est bon, on peut consommer des données mobiles dans tous les sens, et que voilà, tous les opérateurs télécoms sont là, genre, et puis pense à changer ton téléphone portable parce que vraiment il est un peu pourri. Enfin voilà, cette impression de on est tous un peu bourrés quoi, c'est un peu ça quoi, on est un peu dans cette folie-là sans se poser trop de questions. Et en effet, c'est, on n'est pas en train de dire que, et ça c'est un point aussi hyper important sur lequel je voudrais venir, c'est qu'on n'est pas en train de culpabiliser le citoyen en lui disant c'est ta faute si l'impact environnemental du numérique il a augmenté, c'est parce que tu as changé ton téléphone. Au bout, non, c'est pas ça qu'on dit. En fait, ce qu'on dit, c'est qu'on a besoin de changer les règles du jeu du marché. Et pour ça, c'est pour ça qu'on a besoin d'un opérateur télécom, on a besoin d'un agent économique qui fasse les choses différemment sur son secteur et qui prouve.

Pierre Chevelle:
Que c'est possible et qui met la pression aux autres aussi de en fait vous faites tous de la merde et vous dites que vous pouvez pas faire autrement, mais c'est pas vrai. Et du coup, bien sûr que ça risque dans les années à venir de chez eux, qui vous plagient des fonctionnalités ou qui remettent un vrai support client, ou enfin voilà, que ça leur mette la pression pour augmenter la base de.

Marion Graeffly:
Ce qui est acceptable en fait. C'est ça, c'est tout à fait ça. Et je pense qu'on va y arriver en fait naturellement parce qu'on va manquer de plus en plus de ressources naturelles. L'énergie va coûter aussi de plus en plus cher. Et tout ça va faire qu'on va être un peu obligé d'y arriver. Mais nous, ce qu'on pose comme question, c'est de savoir est-ce qu'on veut que ça se soit subi, c'est-à-dire qu'à un moment donné ça arrive, que le couperet tombe et qu'on n'ait pas le choix, ou est-ce qu'on veut plutôt prendre le temps de s'habituer à faire différemment pour que ce soit pas subi mais que ce soit finalement intégré, voilà, dans un quotidien, dans une façon de faire? C'est le fait de se réapproprier ce que c'est que le numérique collectivement pour en faire quelque chose au service du bien commun, mais aussi surtout quelque chose dont on peut maîtriser le.

Pierre Chevelle:
Changement plutôt qu'il s'impose à nous. J'aime trop parce que j'imagine qu'il y a plein de raisons et de profils différents de gens qui vous rejoignent. Voilà, autant des gens qui, peut-être comme moi, veulent passer moins de temps se coacher sur leur téléphone, des gens qui veulent arrêter d'enrichir des milliardaires et participer à un vrai projet collectif transparent. Peut-être des personnes plus âgées ou étrangères qui veulent avoir une vraie personne, enfin même juste tout le monde en fait, quand t'as une galère, ou juste pas te faire arnaquer avec des options cachées comme ça vient de m'arriver. Toi, pourquoi est-ce que ce projet il tient à cœur? Est-ce que c'est plus le côté écolo? Est-ce que c'est plus de créer un bien commun? Ou de, tu me parlais aussi de redonner le pouvoir aux citoyens, de rendre les gens plus libres.

Marion Graeffly:
Et de mieux répartir les richesses? C'est très difficile de choisir parce qu'en fait je trouve que Télécoop, et c'est un peu l'aboutissement de tout ça, c'est un projet complet. On adresse les sujets environnementaux, sociétaux, on adresse les questions de juste répartition des richesses, on adresse aussi les sujets de comment on fait pour faire évoluer un secteur. C'est pour ça que moi ce projet me tient tellement à cœur, c'est que on cherche à adresser l'entièreté du problème. Je dis pas que c'est facile, c'est même plutôt ardu, mais c'est ça qui me plaît en fait, c'est qu'on peut avoir une action sur vraiment chaque tenant et aboutissant des choses qui font le numérique et qui, quelque part.

Pierre Chevelle:
Qui font aussi la société, quoi. Vous l'avez compris, je suis très heureux de travailler avec des partenaires comme Télécoop, que je fais plein d'efforts écolo et solidaire. Je suis client de coopérative, Enercoop, sûrement comme plein d'entre vous. Et pourtant, je savais même pas que ça existait en fait, qu'on pouvait rejoindre un opérateur téléphonique d'intérêt général. C'est sous nos yeux, on passe 3-4 heures par jour sur notre téléphone, et pourtant c'est un geste écolo, éthique et solidaire qu'on connaît pas. Alors je me dis que vous êtes sûrement nombreux à avoir envie de rejoindre l'aventure. Alors si vous en avez marre des GAFAM, si vous voulez récupérer votre temps, si Marion vous a grave inspiré, et que vous voulez avoir un impact positif tous les mois sans rien faire, vous pouvez rejoindre donc, vous l'avez compris, Télécoop. Pour ça, rendez-vous sur telecoop.fr, télé comme téléphone, T-E-L-E, et coop comme une coopérative.

Pierre Chevelle:
Et avec le code SOIF, S-O-I-F en majuscules, vous avez 20 € offerts quand vous inscrivez. Ça prend 5 minutes, donc si le cœur vous en dit, et vous pourrez frimer devant tous vos potes écolo. Voilà, vous avez le lien en description. Merci beaucoup Marion.