Éditions Blitz : Hacker la bataille culturelle avec des livres

Éditions Blitz, l'arme secrète de Denis Robert contre l'empire Bolloré

9 milliardaires détiennent 80% des grands médias.

Face à cette concentration anti-démocratique, Denis Robert, cofondateur du média Blast, ne se contente pas d'observer le naufrage. À 67 ans, il lance Blitz, une maison d'édition indépendante conçue comme un véritable contre-pouvoir face à la dérive des grands médias vers l'extrême droite. L'objectif est clair : reprendre l'initiative dans la bataille culturelle.


L'homme qui faisait trembler les géants : Le parcours de Denis Robert


De Clearstream à Blast : 20 ans d'enquêtes sur les ultra-riches

Journaliste d'investigation et écrivain, Denis Robert a révélé le scandale Clearstream il y a deux décennies. Son travail a permis de dénoncer une opération de blanchiment mondiale et de déstabiliser tout l'écosystème financier de l'époque. Plus récemment, Denis Robert a cofondé Blast, un média en accès libre qui compte aujourd'hui plus de 1,6 million d'abonnés sur YouTube. Ce succès repose sur une adhésion populaire massive, financée par des citoyens engagés plutôt que par des milliardaires.


Pourquoi les médias écolos et engagés ne suffisent pas

Produire des vidéos et des enquêtes numériques est essentiel. Mais cela reste insuffisant face à la puissance de frappe des écosystèmes industriels comme celui de Bolloré. L'information circule vite, mais elle s'évapore aussi rapidement. Pour s'enraciner et transformer durablement les mentalités, Denis Robert estime qu'il faut revenir à l'objet physique et au temps long. Blitz naît de ce constat : pour gagner la bataille des idées, il faut occuper l'espace intellectuel et visuel (les panneaux dans les gares, les devantures de librairies).


Éditions Blitz : Pourquoi le livre est le meilleur contre-pouvoir


Le livre : une arme de sabotage à 10 000 €

Oui, un livre peut changer le monde. L'expérience de Denis Robert avec le scandale Clearstream est une leçon de stratégie. Avec seulement 10 000 € de droits d'auteur et une économie éditoriale légère, il a réussi à faire démissionner l'état-major d'une multinationale présente dans 130 pays.

C'est comme ça qu'une petite structure peut déstabiliser un géant financier ou briser le monopole intellectuel de groupes comme BlackRock. Simplement en posant un objet physique dans les mains des citoyens. Pour Blitz, le livre n'est pas un produit, c'est l'outil indispensable pour que l'enquête s'enracine dans la durée.


Sortir du livre jetable : La stratégie des éditions Blitz pour inonder les librairies d'idées écolos et progressistes

Aujourd'hui, des groupes comme Hachette utilisent une stratégie de livres jetables pour saturer le marché avec des idées d'extrême droite, bénéficiant d'une visibilité artificielle dans les médias et les points de vente qu'ils possèdent. Blitz prend le contrepied de cette logique. Au lieu de produire du "dégueulis" idéologique, la maison d'édition mise sur la qualité et la rigueur scientifique. Chaque livre est pensé comme un levier capable de déplacer des montagnes avec des moyens financiers pourtant légers par rapport aux géants du secteur.


La force du collectif : De YouTube à la maison d'édition militante

Blitz n'est pas la maison d'éditions de Blast. Bien que les liens entre les 2 structures soient étroits, Blitz est une organisation indépendant et complémentaire, propices au journalisme d'investigation qui ne peut pas se résumer par une vidéo youtube. En s'appuyant sur le réseau des libraires indépendants et sur le soutien de sa communauté via des campagnes de financement participatif, Blitz crée un circuit court de l'intelligence. Ou comment faire sortir les idées radicales et pédagogiques d'une niche militante pour les porter au cœur du débat public.


Comprendre l'édition indépendante en 2026


Comment la maison d'éditions Blitz se finance-t-elle sans milliardaire ?

Blitz repose sur un modèle de financement citoyen via des cagnottes de précommande (comme Ulule). Les bénéfices des ventes sont systématiquement réinvestis dans la fabrication de nouveaux livres et le financement d'enquêtes au long cours.


Quels seront les premiers livres de Blitz ?

Le catalogue initial propose Le Mensonge et la Colère, ainsi que des projets de bandes dessinées sur la dette avec le vulgarisateur Heu?reka et des ouvrages traitant de la crise à Gaza. Blitz prévoit également de publier des essais sur les domestiques des ultra-riches et le livre associé au film Démocratie Maintenant de Cyril Dion et Paloma Moritz.


Comment soutenir une maison d'éditions indépendante face à la concentration des médias ?

Le plus simple est de précommander les ouvrages de Blitz pour leur donner du poids en librairie et de s'abonner aux médias indépendants comme Blast qui n'appartiennent pas à un milliardaire. Participer à la bataille culturelle, c'est choisir activement ses sources d'information et soutenir les structures qui font un vrai travail d'information.


Transcription du podcast Soif de Sens avec Denis Robert sur le média Blast et la maison d'édition Blitz

Ce texte est une transcription du podcast Soif de Sens générée automatiquement par un logiciel. Des erreurs peuvent s'être glissées dans le texte. Il est notamment fréquent que la fin d'une phrase soit coupée et apparaisse au début de l'intervention suivante.

Introduction et parcours de Denis Robert : de Clearstream à Blast

Pierre Chevelle:
Bienvenue dans Soif de sens, l'émission podcast et YouTube qui t'aide à construire une vie et une société pleine de sens. Chaque semaine, je reçois un humain inspirant pour t'aider à incarner le changement. Et aujourd'hui, on accueille Denis Robert du média Blast pour parler de contre-pouvoir médiatique face à l'extrême droite et surtout de ton nouveau projet Blitz. Salut Denis.

Denis Robert:
Salut, enchanté.

Pierre Chevelle:
Je te présente en 10 secondes, tu es journaliste d'enquête et écrivain. C'est notamment toi qui as révélé le scandale Clearstream il y a 20 ans. J'avais reçu aussi dans Soif de sens Yannick Kergoat, avec qui tu as réalisé le docu La très grande évasion sur l'évasion fiscale des ultra-riches. Et aujourd'hui, parce que tu fais beaucoup de choses, tu es surtout connu pour avoir cofondé le média Blast il y a 5 ans, qui cartonne et que j'adore. Et tu te lances avec des amis dans un nouveau projet, Blitz, une maison d'édition indépendante et engagée comme contre-pouvoir, notamment face à la dérive des grands médias vers l'extrême droite. Pour se mettre dans le bain, je te propose une série de questions mitraillette auxquelles tu dois essayer de répondre le plus vite possible. Est-ce que vous faites pas ça chez Vla, ça c'est vrai. Non, non, on y va.

Denis Robert:
Go.

Pierre Chevelle:
À 67 ans, la plupart des gens, ils profitent de leur retraite, d'autres lancent des maisons d'édition. T'as jamais envie de lever le pied?

Denis Robert:
Alors ça, c'est une question, il faudrait 6 heures pour y répondre. Si, j'ai souvent envie de lever le pied et justement, cette fin d'année dernière, j'avais J'avais envie de lever le pied, j'ai fait ce qu'on appelle une fracture de fatigue. Mais en même temps, pour les mêmes raisons que j'ai créé Blast, je sais que si je reste enfermé à écrire comme je l'ai fait longtemps dans ma vie, le monde extérieur est tellement violent et tellement dur, et ce qui est en train d'arriver est tellement invraisemblable. Je pense au retour de la bête immonde, que je me vois pas rester enfermé dans ma chambre, j'aurais des fourmis et tout. Donc même à 67 7 piges, j'ai envie de me battre, quoi. Et je me respecterais pas si je n'allais pas au combat tous les jours. C'est ce qui me fait vivre aussi. Ouais, c'était un peu la même réponse de Paloma.

L'impact de Blast et la confrontation avec la violence du paysage médiatique

Pierre Chevelle:
Un mot pour décrire le paysage médiatique actuel?

Denis Robert:
Dévasté, assombri, avec quelques oasis dont Blast. Sous la menace, tu préfères lire le.

Pierre Chevelle:
Livre de Sarkozy ou de Bardella? Bardella. Blast, ça cartonne. Est-ce que tu aurais une anecdote à nous raconter sur l'impact que Blast a pu avoir? Je le mesure quasiment tous les jours.

Denis Robert:
Quoi, ou surtout quand je vais à Paris, puisque je vais à Paris toutes les semaines, que je prends le train à l'aller, le train au retours. Et de plus en plus de gens me font des signes amicaux, me disent: continuez, on a besoin de vous. Enfin, des paroles très chaleureuses qui, comment dire, ça va en augmentant, quoi. La foule, les anonymes, les gens que tu rencontres dans des trains, dans des cafés, dans des quartiers. Nous, on est dans le quartier de la gare de l'Est, donc il n'y a pas une fois où il n'y a personne qui m'aborde en me disant bravo, c'est super Blast, etc. Voilà quoi. Et puis par contre, j'ai subi deux agressions. Une, quand je sortais de la gare de l'Est justement, j'étais suivi par un type qui me traitait de salaud, de gauchiste et tout.

Denis Robert:
Au début, je comprenais pas que c'était de moi qu'il parlait. Et c'était vraiment de moi. Il était très menaçant, il était à 1 cm de moi. Il m'a pas frappé, mais il était un peu fou, quoi, et c'était un peu compliqué. Et récemment, c'est-à-dire à la fin de l'année dernière, vraiment des fachos, enfin, c'est un quartier où ils sont à Paris, dans le 6e, je me suis fait, là je me suis fait vraiment volontairement pousser dans le dos et je suis tombé. Ils m'ont pas shooté, etc., mais ils se sont foutus de ma gueule quand je suis tombé, quoi. J'ai vraiment, j'étais sonné. Et ça m'a pas du tout traumatisé, mais c'était assez violent.

Denis Robert:
J'ai une anecdote qui est quand même assez particulière. C'était au début du 7 octobre. À l'aller, je prends le train et je me fais engueuler par un cégétiste qui trouve que j'en fais pas assez pour Gaza et pour la Palestine. Et quand j'arrive à Paris, un type qui sort du train, sorte de trader en costard, qui me traite de salaud parce qu'on avait fait un entretien avec Navad Lapide, enfin, qui était un réalisateur israélien déserteur, et qui me dit: salaud antisémite, vous êtes vraiment des pourris à Blast, etc. Voilà, c'est une anecdote, mais ça montre bien cette folie autour de Gaza, quoi. Et à Blast, c'est vrai qu'on s'est singularisé très tôt et qu'on est, je trouve qu'on a été, qu'on est vraiment irréprochable, quoi. C'est-à-dire qu'on n'a pas voulu hurler avec les loups, on n'a pas, on essaie de faire du journalisme et de se rapporter aux faits, quoi. C'est pour ça qu'on a été un des premiers médias à parler de génocide, à utiliser le mot.

Denis Robert:
Et ça n'a pas été un choix facile aussi, mais à un moment donné, les arguments objectifs font qu'il y a un génocide à Gaza, quoi. N'en déplaise à 90% de la de la lamentable presse en France. Parfait, tu as survécu aux questions semi-mitraillettes.

La stratégie de Bolloré et le concept de "livres jetables" chez Fayard

Pierre Chevelle:
Pour commencer, le milliardaire Bolloré fausse de plus en plus le marché du livre avec le groupe Hachette, qui représente une vente sur deux en France, et notamment sa maison d'édition Fayard, et une sorte de stratégie de livres jetables pour inonder le marché avec des idées d'extrême droite. Par exemple, il va publier le livre de Bardella ou de Sarkozy et les mettre en avant dans ses magasins Relay, puis en faire la pub dans ses médias puisqu'il est proprio de CNews et Europe 1. Résultat, c'est des livres qu'on voit partout grâce à cet écosystème, alors qu'en fait il y a assez peu de ventes. Mais c'est pas grave parce que le plus important c'est plus d'être lu, mais de mettre en avant des idées et des personnes de plus en plus à droite. Tu peux nous parler de cette stratégie de livres jetables? Mais c'est justement ce qui m'a fait.

Denis Robert:
Craquer moi, c'est-à-dire qui m'a fait me dire il faut vraiment qu'on crée une maison d'édition et qu'on aille dans la bataille culturelle, parce que l'extrême droite d'une manière générale, mais pas seulement Bolloré ou Sterrin. Bernard Arnault, il a dit qu'il fallait voter RN en quelque sorte plutôt que France insoumise. Et puis ces médias font une grosse campagne pro-RN. Donc ce qui se passe en ce moment en France, et Bolloré l'a compris avant tout le monde, quoi, c'est effectivement l'extrême droite gagne la bataille culturelle. Et la bataille culturelle, elle passe par les livres, par les maisons d'édition, Mais elle passe aussi par l'affichage dans les kiosques, elle passe par des journaux aussi merdiques que Frontières, où à mon avis ils ne devraient pas avoir la commission paritaire et surtout ils ne devraient pas avoir de carte de presse, ces gens-là, parce qu'ils ne font pas du journalisme. Ce sont des types qui ont un projet idéologique, qui veulent faire de la France un État fasciste, et donc qui passent par le biais de ces médias. Et donc là, le rachat de Fayard, c'est l'acmé de la catastrophe, quoi. C'est-à-dire que quand on connaît Fayard, moi j'ai été édité chez Fayard, je vais pas énumérer tous les auteurs, quoi, mais quand un type comme Bolloré rachète Fayard et met une commerciale comme Lisbault à la tête du truc, et c'est une sorte de viol, un viol d'intelligence, quoi.

Denis Robert:
C'est terrible parce qu'on achète, c'est pas qu'une marque, une maison d'édition, c'est une histoire, c'est de la littérature, c'est de la pensée, etc. Et là, c'est ce qu'ils font, c'est du dégueulis, quoi. C'est vraiment de l'avilissement. Enfin, c'est, c'est, c'est, moi ça me, ça me, ça me choque quoi. Je comprends pas d'ailleurs que des auteurs restent associés de près ou de loin à cette, à cette entreprise de, de, de fascisation du pays. J'ai fait une longue préface dans le, dans le, le, préface d'une centaine de pages dans le livre qu'on sort, le premier livre de Blitz, et je me suis remémoré d'une, d'une, d'une une dans les kiosques à journaux, c'était la une de Causeur où on avait 5 bébés dont un blanc et puis 4 bébés métis, noirs, arabes ou chinois, enfin asiatiques. Et le titre était «Vous allez être grand remplacé». Et il y en avait partout dans les kiosques.

Denis Robert:
À Paris, on voyait ces bébés et c'est d'une violence. Quand moi, je suis grand-père d'un jeune enfant dont le père est malien j'ai immédiatement pensé à lui, quoi. Et il est évidemment aussi français, enfin d'origine malienne, mais il est né en France, donc il est français, etc. Mais quand on voit ça, on est vraiment agressé, quoi. Et une agression qui est très violente, quoi. J'imagine sa mère, j'imagine tous les enfants, les parents qui ont des enfants, voilà, de couleur ou autre. Alors, ce qui est de dégueulasse, parce que c'est toujours comme ça avec la presse d'extrême droite, et quand on lit Chapoutot, quand on connaît l'histoire des années 30, quand on lit Michael Faussel, Récidive, ce genre de— on voit bien la mécanique qu'il y a derrière et la manière dont il faut s'approprier les médias et les biens culturels pour faire passer des mensonges, des contre-vérités, etc. En l'occurrence, sur l'histoire de «Vous allez être grand remplacé», ils se sont servis de statistiques falsifiées de France Stratégie, qui effectivement, ils vont dans les villes où il y a des hôpitaux, etc.

Denis Robert:
Et il voit le nom des enfants qui naissent. Et il y a beaucoup de— quand on va à Neuilly par exemple, c'est pas la même chose que quand on va à La Courneuve ou je sais pas dans quel quartier du Nord où il y a beaucoup d'immigrés. Et on trouve des noms à consonance étrangère, quoi. Et donc eux, ils sont allés chercher des villes choisies, une quinzaine. Il faut voir comment le magazine est foutu, quoi. Et ils trouvent des trucs: on est envahi à 75%, etc. Et voilà, et la mécanique se met en place et il ils sont invités à Europe 1, ils sont invités à CNews, ils peuvent parader et déverser leur ignominie, quoi.

Mener la bataille culturelle : le modèle coopératif et citoyen de Blast

Denis Robert:

Et donc voilà, et je suis très conscient, étant à la place où je suis, de cette mécanique. Mais des gens comme mon père, par exemple, qui habite un village, c'était un peu mon testeur de racisme, lui, parce qu'il bouffait de la télé tous les jours, il regardait CNews, et je voyais bien, je vois bien, lui, ou quand j'allais au bistrot, comment ça rentre dans la tête des gens et comment ça fait voter facho, quoi. Effectivement, tu l'as dit, ce qui se joue derrière, c'est une vraie bataille culturelle.

Pierre Chevelle:
Donc qu'est-ce qui paraît normal ou pensable dans une société? C'est quoi les idées qui dominent dans la société? Et c'est sûr qu'en ce moment, les gens croient plus qu'ils ont des problèmes à cause des étrangers qu'à cause des ultra-riches, ou que l'écologie, c'est punitif plutôt qu'inspirant. Donc c'est bien que si on parle autant d'immigration, de sécurité, si on a aussi peur de l'avenir, c'est parce que oui, l'extrême droite a réussi à imposer ses idées dans la société, notamment grâce aux médias. Est-ce que tu peux nous raconter ce que c'est pour toi la bataille culturelle et comment Comment tu la vois se dessiner? La bataille culturelle, pour moi, enfin, je la mène avec Blast, quoi, et avec nos.

Denis Robert:
Contenus. Tu parlais d'écologie avec Paloma, où on est de plain-pied dans la bataille culturelle. Je vais pas énumérer toutes les émissions de Blast, et on existe très fortement. Je veux dire, en 5 ans, on est passé de zéro à— enfin, en 4 ans, puisque ça fait 4 ans qu'on émet, qu'on diffuse régulièrement nos programmes. Aujourd'hui, on a, j'ai plus les chiffres en tête, mais un million, un peu plus d'1 600 000 abonnés sur YouTube. On a 35 000 abonnés payants sur Blast, on a 7 000 sociétaires, on fait des millions de vues. Nos vidéos font en moyenne 100 000-150 000 vues, mais certaines dépassent évidemment les 2-3 millions sur le temps long. On a embauché, il y a à peu près 80 personnes qui travaillent à Blast.

Denis Robert:
Il y a un peu, je crois qu'il y a 48 ou 49 salariés en équivalent temps plein, plus des pigistes, plus des monteurs, plus des intermittents. Donc c'est une grosse machine, quoi. Et comme on est une coopérative, tout l'argent, parce qu'on fonctionne sur le don et on est en accès libre comme tu le sais, et donc il y a une adhésion populaire derrière Blast. Les gens, même les gens fauchés, prennent leur ticket à 5 € par mois, ils se disent voilà, il vaut mieux les aider que se payer un café. Ou s'il y a beaucoup de gens qui sont fauchés qui nous, et c'est d'ailleurs très, très émouvant de voir les les courriers qu'on reçoit, quoi. Et puis on a aussi des mécènes, on a aussi des gens qui, en fin d'année, pour défiscaliser, nous filent 10 000 balles, 20 000 balles. On n'a pas d'énormes mécènes, contrairement à ce qu'on dit. Il y a eu des campagnes contre nous disant qu'on était financé par des milliardaires.

Denis Robert:
C'est archi faux, quoi. Et la seule chose, c'est que nous, notre trésorerie, enfin nos comptes, on a des fondations très solides, on a une assemblée générale, on a un conseil d'administration, et on se verse aucun dividende. Et toutes nos, comment dire, tout l'argent qu'on gagne gagné et réinvesti dans l'outil de travail, dans les salaires. Là, on est en train de changer de studio, on est, voilà quoi. Et chaque année, c'est comme un petit miracle. Et en fait, plus il y a de Bolloré, plus il y a d'extrême droite, plus il y a de saloperies, plus il y a de CNews, plus le service public est démissionnaire, plus les gens se disent, putain, heureusement qu'il y a Blast, quoi. Donc on devient, et on a tendance à devenir de plus en plus enraciné. Et après, c'est fragile, ça reste fragile, mais on devient un service public d'information.

Pourquoi lancer la maison d'édition Blitz en 2026 ?

Pierre Chevelle:

Effectivement, vous couvrez l'actu chez Blast depuis 5 ans, vous l'analysez avec des entretiens et des enquêtes.

Parce que je dis, on a interviewé beaucoup d'invités en commun d'ailleurs, et d'ailleurs le mois dernier, ta collaboratrice, comme je disais, Paloma Moritz, qui est venue présenter son film Démocratie maintenant avec Cyril Dion. J'allais te demander quel bilan tu fais de Blast, mais du coup tu viens de très bien le faire, donc on va avancer. Pourquoi du coup, si ça marche aussi bien, tu as besoin de lancer une maison d'édition en plus? Alors, donc moi je viens de là, c'est-à-dire j'ai écrit une vingtaine de livres.

Denis Robert:
C'est un univers qui m'est familier et je le vois se dégrader. Et le livre est très important dans l'écosystème de Blast. On fait des émissions à partir de livres, on reçoit des auteurs, des chercheurs, des scientifiques. Et on voit bien d'ailleurs que quand l'extrême droite ou quand Trump arrive au pouvoir, ce sont les livres, les auteurs, les idées et la science qui sont attaqués en premier. Donc il y a une nécessité de produire et de faire la promotion des livres. Et pour ça, il faut que les livres existent, il faut les éditer et il faut les distribuer. C'est là que naît Blitz, quoi. Et en fait, l'histoire de Blitz, elle est liée à ce que tu disais tout à l'heure, c'est-à-dire à force de prendre le train et de voir la gueule de Bardella ou de Sarkozy ou de Philippe de Villiers qui te pollue l'espace visuel et le cerveau, je me suis dit c'est pas possible, il faut que nous aussi on aille sur ce terrain-là.

Denis Robert:
Et comme Il y a évidemment des libraires hyper forts. Heureusement que le réseau des libraires indépendants est là. Heureusement qu'il y a des éditeurs indépendants qui se bagarrent et qui, même à l'intérieur de groupes, il y a des éditeurs qui essaient de faire vivre des contre-pouvoirs, etc. Et là, nous, on est, comment dire, à Blast, on est inventeur de contenu pourvoyeur d'infos, on sort des enquêtes, etc. Et certains de nos papiers qui sont, je pense à un papier par exemple ce week-end, on a un papier de Moussna sur la Palestine. Le papier est formidable, il est merveilleux, tu as envie qu'il y ait— il a fait quoi, 5000 vues, tu vois, tu as envie qu'il y en ait 50 000. Donc l'idée, c'était le point de départ de Blitz, c'était de publier des textes que les gens ont peu lu de Blast. Ou il y a des fois, là par exemple, il y a un type qui me propose une enquête sur le blanchiment d'argent au niveau mondial, les nouveaux réseaux, etc.

Denis Robert:
C'est difficile d'en faire un papier, donc on peut faire un petit papier, etc. Mais tout de suite Je lui dis, ben écoute, on va en faire un livre. En plus, on habite maintenant, donc on va— je lance une enquête sur un an et le type commence à travailler. Et ensuite, on sortira un livre dans notre maison d'édition, etc. Et après, si tu veux, quand tu écris des livres, tu es une entreprise commerciale. Nous étant une coopérative, même si on est soutenu, etc., c'était compliqué de faire rentrer une entreprise éditoriale comme ça, fabriquant des livres, dans une coopérative. Donc c'était plus simple d'externaliser, mais de garder on va dire, le contrôle et le pouvoir sur nos livres. Et puis après, Blitz avec Jean-Sam fera des livres.

Denis Robert:
Évidemment, c'est pour ça qu'on est au CA nous de Blitz. Nous, c'est Soumaya, la co-directrice de la rédaction de Blast, et Françoise qui est la DAF de Blast. On est au— on a 10% des parts de Blitz et ça nous permet d'avoir un contrôle aussi, mais un contrôle amical. Je veux dire, le jour où— c'est pas la maison d'édition de Blast. Voilà, et nous on a nos projets qu'on construit et qu'on fabrique.

Pierre Chevelle:
Et le premier livre donc qui va.

Denis Robert:
S'Appeler Le Mensonge et la colère est un livre 100% Blast, quoi, et dont les bénéfices iront à fabriquer d'autres livres, à lancer la maison d'édition, etc. C'est pour ça qu'on lance une cagnotte Ulule depuis 2 jours là.

Lancement de la campagne Ulule pour Blitz

Et mais voilà quoi, donc l'idée c'est vraiment d'exister éditorialement. On a une dizaine, une douzaine de projets de bouquins qui sont déjà dans nos cartons et dans nos têtes. Mais il faut absolument qu'on réussisse et qu'on franchisse cette première étape, et c'est loin d'être gagné. Et on a commis une erreur, on va dire stratégique, quand on a lancé Blitz, c'est qu'on a fait un gros coup qui a fait, je sais plus, on doit être à 1 500 000 vues. On a fait une vidéo où j'ai imité le discours de Macron, c'est-à-dire que j'ai repris ses phrases quand il s'est présenté Et les gens ont cru, l'idée c'était de créer un trouble et de montrer que, de montrer le mensonge de Macron. Parce que je réexplique juste pour le contexte, vous avez publié une vidéo où tu annonçais ta candidature présidentielle du coup.

Pierre Chevelle:
En reprenant mot pour mot le discours de Macron qui l'annonçait la sienne en 2016. Bon, forcément, 10 ans plus tard, ça a pas très bien vieilli quoi. Voilà, c'est ça. Mais les gens, c'est vrai qu'il y a eu un trouble, les gens ont.

Denis Robert:
Dit mais merde, il va pas se présenter lui aussi quoi. Et alors on a fait une vidéo peut-être trop tôt. Après, au bout de 4-5 heures, on a dit non, c'était une blague, allez, on lance une maison. On voulait vous montrer ce que c'est que le mensonge politique et on fait un livre là-dessus. Donc allez vous connecter sur notre page Ulule et aidez-nous à créer cette maison, c'est très important que vous y soyez. Sauf qu'on s'est mal débrouillé, il y avait pas de lien pour cliquer, les gens n'ont pas fait le rapprochement entre la campagne qu'on lançait et ce et ce compte Ulule. Donc c'est pour ça que c'est très important et que les gens comprennent qu'il faut aller sur la page Ulule et il faut surtout qu'il y ait des contreparties, c'est pas un don. À ma petite échelle, j'ai d'abord écrit des livres sur «Changer le monde en.

Pierre Chevelle:
2 heures» avant de lancer la chaîne YouTube et le podcast Soif de Sens, justement pour toucher plus de monde et surtout avoir un lien dans la durée avec les gens pour pouvoir les aider à avancer dans leur engagement.

Le pouvoir politique du livre : changer le monde avec un budget léger

Alors toi, évidemment, tu as écrit 100 000 livres, mais là, de Blast à C'est le chemin inverse du média en ligne vers les livres. Est-ce que tu penses que les livres ont plus de pouvoir que les vidéos ou les podcasts? Et est-ce que tu veux recréer un écosystème en fait comme celui de Bolloré par exemple avec Fayard, CNews, Relais? Bah on a évidemment pas ces moyens, mais c'est un peu ça l'idée à terme quoi. C'est aussi de s'associer avec d'autres éditeurs.

Denis Robert:
Et d'avoir notre propre production et d'avoir du public, des gens qui aiment les livres. Moi je pense que le— d'ailleurs je continue à en acheter énormément et j'ai toujours dit avec un livre on peut changer changer le monde. Regarde mon histoire Clearstream, j'ai vraiment pas envie de revenir là-dessus, mais je fais un livre aux Éditions des Arènes avec Beccaria. Je crois que j'ai été payé 10 000 €, un truc comme ça, pour l'écrire en droit d'auteur, pour le lancer. Lui, il a investi 10 ou 20 000 €, je sais pas, je dis n'importe quel chiffre, mais c'est une économie très très légère, quoi. Donc, mais avec 10 000 €, tu déplaces les montagnes. J'ai fait démissionner tout l'état-major d'une multinationale présente dans 130 pays. J'ai on a vraiment changé le monde grâce à un livre.

Denis Robert:
Et un livre, c'est 30 000 balles. Et en face, on a des gens qui gagnent, il y avait je sais plus combien, 2500 salariés à Clearstream. C'est vraiment des, on a dénoncé une grande opération de blanchiment au niveau mondial, on a déstabilisé tout l'écosystème financier, on a fait connaître tout ça. Bon, après, il y a eu toute l'histoire avec Clearstream 2, les manipulations de fichiers, etc. Mais ce que je veux dire, c'est que l'objet du livre, sans livre, ça n'existait pas, quoi. Et je pourrais te donner des tas d'exemples Ou même quand je fais Lariémois sur BlackRock, c'est un livre et ça permet de mettre le projecteur sur BlackRock, la manière dont BlackRock investit dans le, dans l'armement, dans les énergies fossiles, etc. Et donc c'est un petit mec qui écrit un bouquin qui s'appelle Lariémois. Et en France, personne ou très peu connaissait BlackRock avant le livre.

Denis Robert:
Donc le livre, c'est fondamental.

"Le Mensonge et la Colère" : autopsie des années Macron par Denis Robert

Et donc pourquoi Blast et le bouquin? C'est justement pour nous enraciner, pour créer des objets et lancer des débats. Là, le mensonge et la colère, c'est né d'une— c'est né de— je venais de revoir Le Chagrin et la Pitié, le film d'Ofuls, qui raconte l'après-guerre en France. C'est donc un film absolument génial, un documentaire où Ofuls réussit à montrer que la France n'était pas résistante, mais était collabo. En tout cas, autant, était sans doute plus collabo que résistante. Mais dans les années 60, avec De Gaulle, etc., il y avait une mystification et une mythologie autour de la France résistante. Et grâce à Ophüls et à son film, qui a été interdit, qui a eu du mal à sortir, on a compris que la France était beaucoup plus grise qu'il n'y paraissait. Et mais pourtant, les gens qui parlent dans le film sont des gens qui aiment la France.

Denis Robert:
Et à un moment donné dans le film, il y a un pharmacien qui lui demande: mais comment vous définiriez ces années qu'est-ce qui— et lui, lui était un collaborateur. Enfin, il avait, il dit, il y a deux mots qui m'animent, c'est le chagrin et la pitié. Et donc quand j'ai vu cette séquence, j'ai commencé à réfléchir et je me suis dit comment je pourrais définir les années Macron, parce que le thème, le thème du Mensonge et de la Colère, ouais, c'est les années Macron, c'est les 10 ans de Macron, c'est une sorte de bilan et perspective. Et je me suis dit le mensonge puisque on est quand même depuis 10 ans dans une accumulation invraisemblable de mensonges. Et la colère parce que les Gilets jaunes, parce qu'il y a une sorte d'énorme frustration chez nous, dans le peuple français, dans les individus. Et il y a une colère comme ça qui s'est manifestée au moment des Gilets jaunes, mais elle a été tellement réprimée par la police, parce que Macron ne tient que par sa police et par ses médias, des médias complaisants, sinon il explose. On le voit bien, on voit bien sa popularité. Je veux dire, on est allé de— moi j'avais rien contre rien contre lui.

Denis Robert:
J'ai même, je l'ai dit, je me suis suffisamment allumé pour ça. J'ai même voté pour lui au second tour, donc pour éviter, pour éviter les bottes à Paris. Mais je veux dire, c'est une dinguerie ce type. Ce type, c'est Von Papen, quoi, quand on connaît l'histoire. Il a, il a mis en place, il a tellement menti sur son soi-disant appartenance à gauche, et il est profondément facho dans sa tête. C'est quelqu'un qui qui aime le service militaire, qui veut une police forte, qui veut mater le peuple, qui est capable de mentir, etc. Et qui voulait Bardella et qui voulait Le Pen, etc., qui essaie de faire des deals de coulisses avec eux. Donc on est quelqu'un qui est un usurpateur total, quoi.

Denis Robert:
Et donc ce livre, donc je fais une longue préface où je raconte l'histoire de Blast, où je raconte ces années Macron, comment je les ai vécues. J'ai pas tout à fait terminé de l'écrire, ça fait une centaine de pages. Et puis ensuite, si tu veux, il y a des des entretiens. J'en ai fait 70 ou 80 depuis le début de Blast et j'en ai choisi 6, des historiens, des sociologues, des, des, une avocate constitutionnaliste, enfin pas une avocate, une professeure de droit. Et donc j'essaie de raconter ces années Macron sous différentes facettes. Et c'est des entretiens que j'ai faits à Blast mais qui ont été entièrement réactualisés, réécrits, introduits avec des notes de bas de page, etc. Et donc ça donne un objet. Et il y a Jean-François Bayard, un sociologue que j'aime beaucoup, qu'on a beaucoup interviewé à Blast, qui fait une postface qui est vraiment très, très bonne et très longue aussi.

Denis Robert:
Donc ça va faire un bouquin de 500 pages, et qui va— je sais pas d'ailleurs sa taille— et qui est très beau dans sa fabrication. Et il sortira dans 6 mois à peu près. Donc là, on le précommande. Et puis, et puis voilà, c'est le premier livre de Blitz, quoi. On demande pas, on fait pas la charité, mais si on veut construire cette opposition à Bolloré et à toutes les saloperies qu'on nous met dans la tête, il faut faire des livres originaux et nouveaux.

Catalogue Blitz : projets BD, essais sociaux et Front Commun médiatique

Donc pour résumer, chez Blitz vous avez publié des essais et des BD aussi sur les grandes questions politiques, écologiques, sociales actuelles.

Pierre Chevelle:
Votre premier livre donc, qui est en campagne Ulule, s'appelle Le Mensonge et la colère.. Donc tu as dit ces interviews de Blast enrichies augmentées. Pour vous donner des noms, par exemple avec l'historien Johann Chapoutot que tu as évoqué sur le fait que les nazis n'ont pas pris le pouvoir mais qu'on leur a donné, avec le sociologue Benoît Coquart sur pourquoi on vote RN à la campagne, ou la sociologue Alizée Delpierre que j'avais adoré interviewer aussi sur les domestiques des ultra-riches. Je sais pas si on peut le dire, mais vous prévoyez une BD sur.

Denis Robert:
La dette avec le youtubeur Eureka. Ouais, c'est ça.

Pierre Chevelle:
Et un livre sur Gaza et un autre sur le livre du film Démocratie et Maintenant justement de Paloma. Si pour toi, si Blitz réussit, je parle dans 5-10 ans, qu'est-ce qui aura réellement changé dans le débat public? Mais je, j'en sais rien. Par exemple, nous, on n'est jamais invité, enfin très peu. Des fois, Paloma, Salomé, bon, dans des.

Denis Robert:
Médias, Yanis aussi un tout petit peu, mais dans les médias mainstream, on s'en souffre, quoi. Et puis ça me va très bien, moi, de toute manière. J'ai pas envie de débattre avec l'extrême droite, donc. Mais ce qu'il y a, c'est que ces médias-là restent influents. Et donc il faut absolument qu'on gagne en notoriété, en audience, et qu'on suscite nos propres débats, quoi. On fasse savoir, par exemple, ce dont on parlait tout à l'heure autour du grand remplacement, que c'est une fumisterie, que ça repose sur rien de scientifique, que Renaud Camus est un usurpateur, que Zemmour, je veux dire, a été condamné pour racisme, que Sarah Knafo est une fausse valeur. Quand je vois qu'elle est fabriquée en ce moment à la mairie de Paris et qu'on lui dit qu'elle a 10% de suffrages, c'est une folie totale, quoi. Parce que cette femme, ce qu'elle dit, alors elle est sympathique et elle sait parler, etc., comme Bardella.

Denis Robert:
Elle est, comme elle est plus intelligente évidemment que Bardella, parce que là on est vraiment en fond de cuve avec Bardella, elle peut faire illusion. Mais ces gens-là, il faut décrypter leur jeu, il faut contre-enquêter, etc. Et on est peu nombreux à le faire. Faire. On est peu nombreux. Et le propos que je tiens, par exemple, on va dire oui mais le mec c'est un militant, il est d'extrême gauche, combien de fois j'ai entendu ces conneries. Pas du tout, ce que je dis est factuel. Je veux dire, quand je parlais du grand remplacement tout à l'heure, je peux te donner des éléments.

Denis Robert:
On a fait un papier, j'ai fait un édito là-dessus. Mais je veux dire, on reste, même si notre audience ne fait que grimper, ça reste quand même assez, comment dire, si tu prends tout le paysage pour répondre à ta question, C'est, c'est plus qu'une niche aujourd'hui, mais c'est pas du tout, on n'arrive pas à entraîner de grands débats, quoi. Donc l'idée, là par exemple, on sort avec, on va faire, on fait un numéro spécial avec Socialter, mais j'ai travaillé avec, avec Les Inrocks, L'Humanité et Tripresse et Nova. On sort un numéro spécial qui va s'appeler Combat, qui sort donc dans 15 jours, sur l'extrême droite, quoi. Et on fait front commun avec tous ces médias, donc on a enquêté, il y a des papiers, etc. Donc c'est une première tentative. Il faut pas non plus que Blast reste enfermé dans son, dans son écosystème. Et on l'avait fait un peu au moment des dry leaks, on s'était associé à Reflet et à StreetPress justement, et ça avait vraiment marché quoi, parce que Reflet était très attaqué et on était solidaires.

Denis Robert:
Et on a révélé des choses incroyables quoi.

Pierre Chevelle:

Merci Denis. Si ça vous parle, évidemment rendez-vous sur la campagne Ulule de Blitz pour soutenir leur et si cet épisode t'a plu, je te conseille celui évidemment avec ta collègue Paloma Morice, journaliste chez Blast, sur son film Démocratie Maintenant. Merci beaucoup Denis.

Denis Robert:
Merci infiniment.